Chaussures basses ou montantes ? C’est l’éternelle question que se pose les randonneurs ! Et ils ont bien raison : le choix entre sécurité et confort est difficile, on y réponds maintenant dans cet article.

Sécurité vs Confort

Mais avant de rentrer dans le détail de la grande question des chaussures de randonnée, prenons un petit peu de recul. Concrètement, le choix entre basses et montantes est une des facettes du choix entre sécurité et légèreté.

Le choix de tout son matériel n’est qu’une gestion du curseur entre ces deux valeurs. Et typiquement, plus on veut de « sécurité », plus on va porter lourd. A l’inverse, plus on souhaite être « léger », moins on sera armé d’outil pour parer au différentes situations que l’on peut rencontrer en rando.

Sur les nombreux chemins de randonnée que j’ai parcouru dans ma vie, j’ai vu de tout. Des marcheurs MUL (Marche Ultra-Légère) qui coupent leur brosse à dent pour gagner 3 grammes dans le sac, jusqu’à l’homme qui fait son GR5 avec un sac de… 35 kilos ! Si si, 35kg c’est le record que j’ai vu sur les sentiers !

Donc chacun mettra son « curseur » là ou il veut, ce choix est très personnel. En plus en rando, on assume nous-mêmes nos choix à 100%… Pour ceux qui ont déjà fait de la randonnée, notamment en montagne, vous savez bien que assumer = porter. Donc, en plus d’être un choix technique, « Basses ou Montantes » est un choix d’état d’esprit, voire philosophique.

Basses et Montantes ?

Il existe 3 grandes tailles / coupes de chaussures de randonnée, chacune adaptée à une pratique :

  • Chaussures basses : avec une tige basse, qui ne couvre pas la cheville et la malléole. Elles sont adaptées sous certaines conditions à la rando (on y revient juste après) ou au trail
  • Chaussures mid : pour « middle », un anglicisme utilisé pour désigner une chaussure de tige moyenne, c’est-à-dire entre haute et basse. C’est le type de chaussures de rando le plus utilisée aujourd’hui. La tige remonte sur la cheville et la malléole. Par abus de langage, on appelle très couramment (voir tout le temps) les mid des chaussures hautes
  • Chaussures hautes : avec une tige qui monte jusqu’au mollets. Par exemple, les rangers de militaire. Elles sont souvent en tout cuir, donc imperméable, et particulièrement adaptés au terrain humide et froid, comme la Scandinavie. Avec des chaussures comme ça bien entretenues, on peut traverser les rivières et les tourbières en restant les pieds secs. Cependant, le tout cuir est tellement imperméable que l’on a vite fait de suer dedans et de littéralement tremper dans sa propre sueur. Elles ne sont donc pas adaptées à de la rando en zone tempérée, et en haute altitude les chaussures d’alpinisme seront mieux pour cramponner.

Dans la suite de cet article, nous ne parlerons plus que des chaussures basses, et des chaussures mid que nous appellerons hautes. Nous ne parlerons pas des sandales, ni de bare foot, ni de basket, encore moins de tong…

D’ailleurs, toutes les infos et ces astuces que je partage ici sont des extraits de la formation vidéo Chaussures de Randonnée, qui apprend en 1 heure tout ce qu’il y a à savoir sur le choix des chaussures, leurs caractéristiques techniques, et nos pieds. En gros, c’est 15 000 kilomètres d’expérience condensés en une vidéo accessible à vie. Pour plus d’infos, rendez-vous juste ici :

La grande différence

Concrètement, la grande différence entre les deux réside dans le maintien de la cheville. En effet, les sentiers de randonnée ne sont pas des autoroutes toutes lisses et toutes propres. Tant mieux d’ailleurs, sinon nous n’aurions plus de plaisir à y aller…

Nous allons donc mettre les pieds sur de petits chemins, avec des cailloux, des racines, des ornières, des trous, du dévers etc etc… et le risque est de mal poser le pied par terre. Si on le pose de travers sur un obstacle, la cheville se tord, et on tombe. Résultat des courses : chevilles blessée (de la simple foulure à l’entorse avec fracture), plus d’éventuelles blessures lors de la chute. Ces traumatismes représente quand même 55% des blessures faite en rando.

Avec une chaussure basse, la cheville va prendre tous le dommage à la torsion de l’articulation. Alors qu’avec une chaussure haute, la tige rigide de la chaussure va « encaisser », et la cheville ne se tord pas violement au niveau de la malléole.

Attention, porter une chaussure haute n’est pas une « garantie » de ne jamais se blesser. Comme disais Clint Eastwood, « Si vous voulez une garantie, allez acheter un grille-pain au super-marché » ^^. Mais c’est une solution pour diminuer significativement les risques.

Montantes pour la Sécurité

chaussures montantes
Des chaussures montantes pour la sécurité…

Maintenant venons-en au dilemme de nos chaussures. Pour faire (très) court, et essayer de répondre aux pressés en quelques mots : la chaussure montante c’est la sécurité, et par précaution je la conseillerai dans les cas suivants :

  • Débutant en randonnée
  • Randonnée longue (plus longue que les sorties habituelles)
  • Beaucoup de dénivelé (à partir de 800-1000m de D+ par étape)
  • Terrain technique (pierrier, névé, devers, marais…)
  • Sac lourd (plus de 10-12 kg)
  • Blessure au pied ou à la cheville
  • L’âge (seniors et adolescent en cours de croissance)
  • Manque de concentration
  • Surpoids

Évidemment, plus tu cumule ces facteurs de risque, plus je te conseillerai de t’orienter vers de la montante pour ta sécurité.

Pourquoi pas de la chaussure basse

Et pourquoi pas de la chaussure basse pour plus de souplesse ?
…Et pourquoi pas de la chaussure basse pour plus de souplesse ?

A l’inverse, pourquoi pas partir randonner avec de la chaussure basse. Je ne te le conseille que dans ces cas :

  • Randonneur expérimenté (plusieurs milliers de km de trek au compteur)
  • Avoir le pied « fait » (pratique régulière de rando en montagne ou du trail)
  • Randonnée courte
  • Terrain plat
  • Terrain facile (beau chemin)
  • Sac léger
  • Pas d’antécédents de blessures au pied ou à la cheville
  • Jeune adulte
  • Sans surpoids

Plus tu cumules ces facteurs positifs pour ta sortie, plus je t’orienterai vers de la chaussure basse.

Qualité des chaussures

Sans rentrer dans trop de détails techniques, nous allons faire maintenant un comparatif avantages / inconvénients des deux types de chaussures. A nouveau, pour ceux qui veulent aller plus en profondeur dans le sujet, la formation Chaussures de Randonnée est faite pour eux.

A qualités égales… mais au fait, quelle qualités ? Hé bien toutes les autres caractéristiques techniques qui ne dépendent pas de la coupe des chaussures. C’est comme pour les vêtements, on peut avoir deux chemises faites exactement avec les mêmes matériaux et la même qualité, sauf que l’une sera à manche courte, et l’autre à manche longue. Ou bien un taille regular et une slim, c’est exactement pareil.

Pour les chaussures, ce peut être par exemple la résistance à l’eau. On trouve des chaussures hautes et basses avec des membranes Gore-Tex. Ou bien la qualité de la semelle qui va faire un bon amorti (absorber les chocs pour soulager les articulations) et une bonne accroche (ne pas glisser).

Ma recommandation

En parlant de chaussures de randonnée de bonne qualité, je peux te recommander deux marques, et notamment deux modèles de chaussures hautes : la Renegade de chez Lowa, et la Salomon Ultra 3 X GTX Mid. A ce jour, ce sont les deux Rolls Royce de la rando.

Les Renegades c’est simple, le slogan c’est « Essayez-les et vous repartirez avec ». Je ne le croyais pas. J’ai essayé. Et là, pour la première fois de ma vie, quand j’ai rentré mes pieds à l’intérieur, j’ai eu l’impression de rentrer dans des pantoufles ! Une excellente qualité, cuir – Gore-Tex, semelle Vibram, grande rusticité, grande longévité… je ne chausse plus qu’elles pour mes randos. J’en suis à ma 3eme paires, et quelques milliers de kilomètres marchés avec 😉 . Les Lowa taille en général pieds large, et c’est mon cas.

Salomon… l’une des marques les plus connues de chaussures de rando en France. Salomon à mon sens : on adore ou on déteste. Et quand on a goûté à la taille et au style de coupe Salomon, en général on y reste. Sincèrement, la majorité des gens l’adore. Moi non, cependant j’ai un pied large, plat, fort… donc qui a un petit peu de mal à rentré dans les statistiques morphologiques des concepteurs de chaussures…

Tu retrouveras ces deux modèles chez mon partenaire juste ici :

Avantages / Inconvénients

 Voilà, c’est l’heure du duel : Basses versus Hautes ! Sans surprises, les avantages de la chaussure haute sont un bon maintien (=sécurité de la cheville), et une meilleure protection (pare-pierre et membrane protectrice autour des malléoles pour éviter de shooter les cailloux avec). Cependant, elle a l’inconvénient d’être rigide et plus lourde. On y revient un tout petit peu plus tard dans l’article.

De son côté, la chaussure basse à l’avantage d’être plus légère et souple, mais l’inconvénient d’offrir un moins bon maintien et une moins bonne protection.

Donc pour faire ton choix, cela va dépendre de la randonnée que tu vas faire, et de toi, en fonction des listes de facteurs que l’on a vu ensemble juste avant.

Le Grand Paradoxe

Pour aller plus loin maintenant, nous allons aborder LE GRAND PARADOXE du choix de nos chaussures. Attention la suite de cet article est réservée aux randonneurs confirmés.

Les chaussures de rando, ce sont des outils. Et les outils sont une sorte de prothèse pour l’humain. Je m’explique : nos ancêtres chassaient le Mammouth en courant pieds nus. Pieds nus ! Tu imagines ? Donc notre pied a été génétiquement sélectionné au cours des millénaires d’évolution de notre espèce pour marcher/courir nu.

Oui, mais… aujourd’hui 80% de la population occidentale, et encore plus chez les pratiquants de la randonnée, nous sommes des sédentaires citadins tertiarisés. En clair, nous n’utilisons presque plus nos corps, et encore moins nos pieds. Donc pour nous remettre à marcher sur les sentiers, nous utilisons des prothèses ! Prothèses qui font le job normal de nos pieds sous-développés.

Donc, plus on utilise de prothèses qui nous assistent, moins nos pieds travaillent. Plus on marche avec des chaussures hautes, moins nos pieds travaillent et restent faibles.

Par conséquent, à court terme, les chaussures hautes sont les bienvenues pour protéger un maximum nos pieds affaiblis qui s’exposent à des terrains accidentés. Mais à long terme, la chaussure haute assiste et maintien dans sa faiblesse le pied. Tout son effort de maintien n’est pas fait par les muscles, les ligaments, et les tendons de nos membres.

Je vois donc clairement une certaine progressivité à respecter. Pour débuter en rando, et dans les cas de facteurs de risque, mieux vaut s’équiper de chaussures hautes. Puis… avec le temps, l’expérience, les kilomètres, l’accoutumance à cet effort spécifique, alors… pourquoi pas partir sur de la basse.

Des puristes, des baroudeurs, des traileurs reconvertis en randonneurs diront souvent que « la basse c’est mieux ». Attention, ils disent ça maintenant qu’ils ont le pieds fait, accoutumé à l’effort.

L’impact du Poids

Une dernière chose paradoxale concernant la protection des pieds et chevilles : le poids. La chaussure haute est mécaniquement plus lourde que la chaussure basse. Or, pendant la marche, le poids… à son importance. Par exemple, on comprend très vite l’impact du poids du matériel au bout d’une journée de marche avec ou sans sac à dos.

Les chaussures, c’est pareil, sauf que ce sont les membres inférieurs qui les portent. Pour avoir déjà marcher avec des chaussures de trail ultra-light de 192 grammes, et d’authentiques rangers taille 45 de près d’un kilo chacune, je peux dire que le poids : ça compte !

Plus la chaussure va être lourde, plus elle va fatiguer les pieds, les chevilles, les mollets et les cuisses. Or ce sont ces muscles-là qui font le gros du travail quand on marche. De plus, lorsque l’on est fatigué, on dit qu’on a une démarche lourde. On laisse retomber les pieds qui retombent lourdement et bruyamment au sol. Il suffit de regarder les randonneurs arriver au bivouac du soir pour le voir ^^

Et c’est là que le bât blesse. Plus on a une démarche lourde, plus on choc les articulations. Effectivement, à chaque pas, le pieds se prend tout le poids de notre corps, plus le sac. L’onde de choc ce répercute dans la cheville, puis le genou, puis les hanches, puis le dos, enfin dans la nuque.

A nouveau, on peut dire que les chaussures hautes protègent mieux à court terme, mais augmentent les chocs articulaire qui blessent à long terme…

Un bon « déroulé de pied »

Enfin, la chaussure à tige haute va enfermer l’articulation de la cheville. C’est à dire qu’elle ne pourra plus bouger comme normalement. Or, l’humain marche et court en faisant un « déroulé de pied ». C’est-à-dire en posant d’abord le talon au sol, puis la plante du pied, et enfin les orteils au même moment ou le talon redécolle.

A nouveau la chaussure haute va gêner de bien faire ce mouvement, en nous faisant « claquer » les pieds au sol. Et comme le poids, ceci va augmenter les chocs articulaires.

Encore un dernier bon point pour la chaussure à tige basse à long-terme. Sa légèreté et sa souplesse vont nous permettre de faire un beau mouvement de déroulé.

Choisir ses chaussures, et…

Pour éviter toutes ces douleurs et ces blessures, je te conseille de bien te préparer avant de partir en randonnée. Bien se préparer, c’est d’abord bien choisir son matériel et ces chaussures. Ca tombe bien, c’est justement ce que tu es en train de faire en lisant cet article 🙂

Mais ce n’est pas suffisant, il faut aussi bien préparer son corps afin qu’il soit prêt à encaisser les difficultés de la marche. Il existe des programme de préparation physique spécifique au trek. Ils vont te permettre de préparer correctement tes muscles qui entourent tes articulations, afin d’éviter de les blesser 🙂

Enfin, la cerise sur le gâteau : apprendre à organiser sa journée de trek. Apprendre le rythme de son propre corps, la technique des pauses massages-étirements, adapter son alimentation, éviter les orages…

Tout ça tu le retrouves dans le Pack Préparation au Trek, qui contient 4 formations à moitié prix, ça se passe juste ici :

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Le Pack de Préparation au Trek

Passionnément,

David


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