Qui vous a dit qu’on ne pouvait pas randonner en hiver ? Au contraire, c’est une expérience formidable pour ceux et celles qui rêvent de découvrir la nature sous un voile blanc. Entre les Vosges, le Vercors ou encore le Jura, notre pays regorge de sentiers praticables toute l’année à pied, en raquettes ou même à ski. Mais soyez quand même prévoyants. Des étapes de courte distance et un équipement adapté au froid sont de rigueur.
Vous préparez votre première randonnée hivernale ? On vous dit tout dans cet article.
Notions à prendre en compte avant de partir sur une randonnée hivernale

L’hiver est une période magnifique pour randonner en milieu naturel. En raquettes, en ski, ou à pied, une bonne balade à travers des paysages immaculés est une expérience à ne pas louper. Mais l’hiver est aussi une saison plus rude qui demande une solide préparation physique et du matériel fiable. Tous les détails suivants doivent être pris en compte afin d’évoluer en toute sécurité lors de votre rando.
- Les journées sont moins longues : prévoyez un départ matinal et des étapes plus courtes avec un faible dénivelé pour ne pas marcher de nuit.
- Les températures sont basses ce qui nécessite un équipement plus technique et souvent plus lourd dans le sac.
- Le froid brûle davantage de calories : nourrissez-vous davantage.
- Les vêtements mouillés ne sèchent pas : emportez plus de rechange.
- Le sol est glissant ce qui peut s’avérer dangereux en milieu rocheux.
- Les sentiers sont moins fréquentés et vous serez donc plus isolé.
- Le vent et l’humidité affectent le ressenti des températures.
- Il est facile de se perdre : les balisages et les sentiers sont parfois invisible dans la neige.
Maintenant que vous connaissez ces règles générales, voyons rapidement comment le corps fonctionne pour gérer la chaleur.
Le fonctionnement du corps avec le froid
Notre organisme essaye quoi qu’il arrive de garder une température autour de 37°. Pour ce faire, il dispose de deux moyens : le mouvement et l’alimentation.
Quand notre corps n’atteint pas cet objectif et que sa température descend en dessous de 35°, on entre en hypothermie. Le corps va alors tenter d’augmenter la chaleur produite à travers plusieurs mécanismes. Lors d’une contraction involontaire (les frissons) par exemple, 75 % de l’énergie fabriquée pendant cet effort est transformée en chaleur. La chair de poule est un autre système qui permet d’accroître le volume de poil et de créer une couche d’isolation thermique.
Comment s’habiller pour randonner en hiver

Entre le froid, le vent cinglant, les couches de verglas ou encore la poudreuse, randonner en hiver implique d’être bien équipé.
Le système 3 couches : indispensable pour randonner à basse température
Si vous pratiquez déjà la randonnée, vous avez forcément entendu parler du système 3 couches. Cette technique consiste à superposer 3 couches de vêtements afin d’optimiser la respirabilité, l’isolation thermique et l’imperméabilité.
La première couche, que l’on porte à même la peau, doit être légère et respirante afin d’évacuer la sueur. Optez pour un t-shirt en fibre synthétique ou en laine mérinos. Cette dernière est aussi antibactérienne, ce qui limitera les mauvaises odeurs.
La deuxième couche doit offrir une bonne isolation thermique et vous garder au chaud malgré les faibles températures. Une doudoune en duvet ou une polaire (comme la polaire Cimalp de Jorasse) feront l’affaire.
La troisième couche a pour mission d’empêcher l’eau de pénétrer à l’intérieur tout en offrant une bonne respirabilité. Si en période estivale, une softshell suffit, on vous conseille de partir sur une hardshell ou un poncho pour randonner en hiver. Visez une imperméabilité comprise entre 5 000 et 10 000 mm.
| Bon à savoir : pour maximiser l’efficacité de ce système, vous devez adapter les couches en fonction de la situation. N’hésitez pas à vous découvrir un peu avant un gros dénivelé, puis à vous rhabiller chaudement une fois l’effort terminé. |
Maintenant que vous êtes convenablement emmitouflé dans votre système trois couches, il reste encore à protéger vos extrémités.
Un bonnet ou une chapka pour limiter les déperditions thermiques
La tête et le cou sont responsables de plus de 40 % des déperditions thermiques du corps humain. Pour ne pas gaspiller votre chaleur, il est donc préférable de couvrir ces parties du corps pendant que vous marchez (surtout si vous êtes chauve et sans barbe). Pour la tête, un bonnet ou une chapka fera parfaitement l’affaire. Cette dernière, en plus d’offrir un look de dresseur de faucon des plaines, protège bien le cou et les oreilles, ce qui vous évitera une éventuelle otite. Un cache-cou en polaire est aussi recommandé pour les situations les plus glaciales.
Un sur pantalon en cas de pluie
Si la météo est instable, partez avec un sur pantalon. Il ne vous tiendra pas beaucoup plus chaud, mais vous assurera de rester bien au sec même si des intempéries se déclarent.
Des gants et des chaussettes d’hiver pour vous garder au chaud
Protéger vos extrémités (mains et pieds) est un impératif pour optimiser davantage votre isolation thermique. Pour profiter en toute sécurité de nos merveilleuses forêts hivernales et autres lacs gelés, il ne faut surtout pas négliger :
- des gants voir des sous-gants en cas de températures très basses
- des chaussettes épaisses d’hiver (possible de cumuler deux paires si vous avez de la place dans vos chaussures).
Avec tout ça vous n’êtes pas loin d’être prêt à partir. Il ne vous manque plus qu’un élément essentiel : des bonnes chaussures imperméables.
Les chaussures imperméables et les guêtres
En raison de la météo capricieuse, il vaut mieux porter des chaussures imperméables quand vous randonnez en hiver. En particulier si les sentiers sont recouverts de neige. Privilégiez un modèle montant en Gore-Tex pour éviter que l’eau ou la neige ne s’infiltre par la tige ou investissez dans une paire de guêtres.
Les matières imperméables empêchent l’eau d’entrer, mais aussi de sortir et vous risquez de finir avec les pieds trempés, ce qui revient à ouvrir la porte à un tas d’emmerdes, comme les ampoules, les mauvaises odeurs ou encore l’hypothermie. Ne négligez pas non plus l’accroche de la semelle. Cela vous évitera de perdre l’équilibre sur du verglas.
| Bon à savoir : dans certains environnements, comme la montage, l’utilisation de crampons est obligatoire. |
L’équipement nécessaire pour la randonnée en hiver

En plus de vos vêtements chauds, vous aurez aussi besoin de quelques pièces d’équipement pour affronter l’hiver en pleine nature. Parmi les indispensables à mettre dans son sac à dos :
- une couverture de survie : par mesure de sécurité ou pour gagner quelques degrés au bivouac
- une boussole et une carte
- un sifflet : pour signaler votre présence en cas de problème
- une lampe frontale
- une tente 4 saisons si vous bivouaquez
Pensez aussi à conserver vos équipements électroniques (batteries externes, téléphone) bien au chaud sous votre veste pour éviter les chocs thermiques.
Maintenant que vous avez réuni tous les éléments indispensables à votre sécurité, il ne reste plus qu’à définir le type de randonnée dans lequel vous voulez vous lancer.
Les différents types de randonnée à faire en hiver
Randonner en hiver sans raquette
Ce type de randonnée classique dans un environnement de basse altitude avec très peu ou pas de neige n’est pas très différente d’une aventure estivale. Vous devrez simplement vous couvrir plus chaudement et prévoir une distance plus courte afin de ne pas vous faire surprendre par la nuit. C’est une belle expérience pour profiter des sentiers vides et d’une nature calme et sauvage.
La randonnée bivouac en hiver
Partir en trek ou en randonnée itinérante en plein hiver demande un certain savoir-faire, notamment dans la gestion d’un bivouac. Il faudra aussi du matériel adapté et une bonne connaissance des sentiers. C’est par contre une expérience vraiment unique, qui offre une immersion totale et qui permet d’apprécier la nature sous un angle nouveau. Faites-vous bien la main en pratiquant le bivouac en période estivale avant de vous lancer.
La randonnée en refuge
La randonnée hivernale de refuge en refuge mélange le meilleur des deux mondes. Des journées dans des paysages naturels immaculés et des soirées au coin du feu à partager une bonne bière et un repas chaud. C’est une belle façon de partir sur plusieurs jours si vous n’êtes pas encore à l’aise avec le fait de dormir en tente. Si vous n’aimez pas être seul, c’est l’occasion de rencontrer d’autres randonneurs et randonneuses passionnés.
Il existe aussi des refuges non gardés qui sont des cabanes très sommaires où vous pourrez installer votre tapis de sol et votre sac de couchage pour la nuit. Vérifiez bien les ouvertures de ces cabanes en fonction de votre itinéraire pour ne pas avoir une mauvaise surprise.
La randonnée en raquettes
Quelle agréable sensation d’arpenter la poudreuse équipé d’une paire de raquettes ! D’observer la faune et les paysages recouverts de blanc dans un silence feutré. Ce type de randonnée est accessible à tous les profils. Il faudra simplement bien choisir votre parcours. Si vous ne connaissez pas la région, partez accompagné d’un guide pour encore plus de sécurité.
Randonner en hiver en montagne : attention à votre sécurité

Cet article traite de la randonnée hivernale en basse altitude mais aussi en moyenne montagne ou haute montagne. Si certains parcours sont accessibles toute l’année, il vaut mieux éviter de s’enfoncer en terrain inconnu en montagne si vous n’avez pas une expérience significative dans un environnement similaire.
Les risques déjà présents liés à l’hiver sont décuplés une fois en altitude. Le froid devient mordant, la météo imprévisible et votre parcours peut rapidement disparaître sous plusieurs centimètres de neige. Ajoutez à ça les risques d’avalanche, les crevasses, les tempêtes de neige, bref, vous voyez l’idée.
Privilégiez des randonnées courtes, à proximité des offices de tourisme ou des stations de sports d’hiver. Pour vous enfoncer plus profondément en pleine nature, faites appel à un guide.
Comment se repérer lors d’une rando en hiver ?
Quand on pratique la rando en hiver, il peut être difficile de ne pas perdre le sentier de vue. Les balisages et les cairns disparaissent souvent sous une épaisse couche de neige, ce qui peut poser problème aux non-initiés. Il faut donc y aller progressivement et prendre de l’expérience petit à petit.
Comme pour les randonnées estivales, le moyen le plus sûr pour rentrer à bon port est de partir avec une carte et une boussole (et d’apprendre à s’en servir en amont).
Un GPS de randonnée est également une option sécurisante. Mais attention à la batterie de votre téléphone qui peut vous lâcher avec le froid.
Quels sont les meilleurs sentiers GR pour la randonnée en hiver ?

Le GR 34 : le sentier des Douaniers
Le GR 34 est un itinéraire idéal si vous cherchez une aventure accessible et envoûtante. Sur 1 800 km, ce sentier longe les côtes bretonnes à travers des paysages typiques de la région : falaises escarpées, villages en pierre, plages battues par les vents. On marche bien, on mange bien et en hiver, vous ne serez pas vraiment embêté par les foules de randonneurs.? Sympa nan ?
Le GR 30 : tour des lacs d’Auvergne
220 km à travers les plus beaux volcans du Massif central, ça vous tente ? Vous aurez besoin d’une bonne paire de raquettes pour faciliter vos déplacements sur la neige. Mais à part ça, aucune grande difficulté à signaler. Renseignez-vous quand même sur l’ouverture des différents segments et équipez-vous pour le froid, l’hiver dans la région, ça caille fort. Pour découvrir la région en compagnie d’un guide expérimenté, rejoignez nos randonnées organisées.
Le GR 58 : Le tour du Queyras
Cette randonnée vous fera traverser les paysages montagneux des Hautes-Alpes sur une distance de 150 km. Les sentiers sont bien dégagés et accessibles aux débutants en restant bien entendu vigilants. Si vous êtes expérimenté, vous pouvez tenter l’ascension du sommet du Pain de sucre (3208 m) qui vous réserve un point de vue à couper le souffle sur la vallée et la chaîne des Alpes.
Les autres coins pour randonner en hiver
Chaussez vos raquettes, les endroits suivants sont irrésistibles une fois recouverts de neige.
Le Massif de la Chartreuse
Entre Chambéry et Grenoble, le Massif de la Chartreuse est un terrain de jeu merveilleux pour profiter de l’ambiance enivrante de la montagne en hiver. Bien que le territoire soit particulièrement sauvage, les abords du désert d’Entremont offrent un doux mélange entre des itinéraires accessibles de courte durée et une atmosphère mystérieuse.
Le Jura
Sans forcément se lancer dans une expédition comme la grande traversée du Jura, il est possible de trouver des randonnées en boucle à proximité de l’une des 17 stations nordiques des montagnes du département. Panoramas d’un blanc immaculé, forêts de conifères, monts enneigés, c’est la promesse d’une belle aventure. Le village de Longchaumois offre par exemple un itinéraire très accessible d’une durée de moins de 3 heures pour profiter de ces paysages de cartes postales.
Les Vosges

Avec ses montages de moyenne altitude et ses forêts à perte de vue, les Vosges sont un paradis pour les amoureux de randonnée et de tourisme outdoor.
En hiver, les crêtes et les conifères se couvrent d’un épais manteau blanc. L’occasion parfaite de chausser ses raquettes pour partir à la découverte de la faune hivernale et des lacs glacés.
La station nordique de Gérardmer propose de nombreux itinéraires de rando en raquettes (et de courte distance) pour explorer le massif.
Les Alpes et la Vallée d’Aoste
De l’autre côté du tunnel du Mont-Blanc, chez nos voisins italiens, se trouve la magnifique Vallée d’Aoste et ses forêts de mélèzes. Un environnement qui se prête plutôt bien à la rando en raquettes. Il faudra quand même une bonne condition physique en raison du dénivelé important de certains itinéraires. On vous recommande la montée au refuge Bertone (passage de la randonnée emblématique du Tour-du-Mont-Blanc) qui offre plusieurs points de vue superbes sur le massif du Mont-Blanc et les montagnes des Alpes.
Les Pyrénées Ariégeois
Si vous aimez les grands espaces sauvages, les Pyrénées Ariégeois vous laisseront sous le charme. Entre les stations de ski du col du Chioula et d’Ax-les-Thermes ou le plateau de Beille, vous aurez de quoi vous occuper. De nombreuses randonnées à la journée permettent d’explorer le massif. Il faudra néanmoins connaître un peu le coin et ne pas oublier ses raquettes, car une bonne couche de neige est présente tout l’hiver.
Vous devriez être fin prêt pour braver l’hiver. Pour débuter, choisissez un itinéraire de courte durée avec peu de dénivelés. Évitez aussi la moyenne et la haute montagne si vous n’avez pas d’expérience préalable et pensez à bien vous couvrir, notamment avec le système trois couches. Un dernier conseil, prévenez vos proches avant votre départ. Votre sécurité doit toujours être votre priorité numéro une.
À bientôt sur les sentiers,