De Banquier à Randonneur : chroniques d’un changement de vie. Aujourd’hui je partage avec toi la retranscription de mon interview en PodCast réalisée par Rosanne disponible sur ChroniquesDunChangementDeVie.fr .

Banquier d’un côté, Randonneur de l’autre… en fait çà représente les 2 vies de David, puisqu’après avoir travaillé 7 ans dans la banque, il écoute sa petite voix intérieure qui fait de plus en plus de bruit, décide de partir marcher 6 mois dans le cadre d’un congé sabbatique, mais qui finalement lui créera le déclic pour littéralement changer de vie. Il a aujourd’hui quitté l’univers de la banque et il partage sa passion de la randonnée sur internet en proposant des formations en ligne.

Rosanne : Bonjour David

David : Bonjour Rosanne

R (osanne) : Merci d’avoir accepté mon invitation. Alors David, moi je t’ai connu sur le réseaux sociaux sous le pseudo « Le Banquier Randonneur », pseudo que tu vas potentiellement changer bientôt mais en tout cas çà l’a été pendant un certain temps. Et il permet d’allier les deux parties jusqu’à présent. Puisque tu as eu une première carrière dans la banque, et une seconde dans la randonnée. On va en parler. Peux-tu te présenter rapidement à nos auditeurs.

D (avid) : Bien sûr. Bonjour tout le monde, je m’appelle David, j’ai 29 ans, et comme Rosanne vient de le dire, j’ai commencé la première partie de ma vie en étant banquier, et ne me sentant pas vraiment à ma place dans la banque, j’ai fait un grand virage dans ma vie. Je suis partie du côté de ma passion, qui était vraiment « moi » depuis longtemps : la randonnée.

R : Que fais-tu comme métier aujourd’hui ?

D : Aujourd’hui je suis Formateur en Randonnée. C’est-à-dire qu’après avoir marché 15 000 km, j’ai acquis une petite expérience en randonnée, et j’ai rencontré des milliers de randonneurs sur les chemins. Randonneurs qui se blessent, qui ne prennent pas leur pied comme ils pourraient le prendre. Et 15 000km a été la plus grosse expérience de ma vie. Je souhaite vraiment que tout le monde ait accès à cela et puisse vivre cela. Donc aujourd’hui j’aide les randonneurs à préparer leur rando / trek grâce à des formations vidéos :





R : Pour en revenir sur ce que tu disais sur le fait que tu as vécu la première partie de ta vie dans la banque. Comment es-tu arrivé dans la banque ? Et banquier… banquier, c’est un mot vaste, que faisais-tu ?

D : Un accident de parcours ? (rires) C’est-à-dire que j’ai reçu une bonne éducation, travaille bien à l’école, pour avoir un beau diplôme, pour avoir un beau job, pour avoir un gros salaire et être heureux dans la vie. Moi j’étais un gentil garçon, j’ai fait exactement ce qu’on m’a invité à faire. J’ai bien travaillé à l’école, j’ai fait un BAC+5 en Gestion de Patrimoine,  et je suis arrivé à la banque. Donc banquier… entendons-nous bien, je n’étais pas propriétaire d’une banque, j’étais employé en tant que Conseiller Privé, donc Conseiller en Gestion de Patrimoine dans une grande banque. En clair, j’étais assis à un bureau en costard cravate, je recevais des clients « bonjour Monsieur, merci Madame », et je leur proposait des contrats financier, d’assurance, etc.

R : En sachant que la vous ne le voyez pas mais il est en Quechua (rires) ! Donc oui effectivement, c’était vraiment un autre genre. OK, donc tu es arrivé dans la banque, c’était il y a combien de temps ?

D : J’ai commencé la banque en alternance en Licence Pro, je devais avoir 20 ans, c’était en 2010. J’ai fait 3 ans en alternance dans différentes banques ou cabinets indépendant, et puis à la fin de l’alternance du Master2, j’ai été embauché en CDI, et c’est là que j’ai travaillé plusieurs années d’affilées.

R : Tu parles d’erreur de parcours, mais tu y es tout de même resté 7 ans ? Pourquoi ?

D : Parce que je suis un garçon un peu lent à comprendre (rires). Nan, sérieusement, c’est exactement cela. En fait j’ai toujours su que ce n’était pas pour moi. Mais il y a un moment dans la vie il faut avoir un beau diplôme pour avoir un beau travail… bon… C’est effectivement l’objectif qui m’a été proposé et que j’ai suivi, c’est ma responsabilité, et la banque était une opportunité. Ce sont des études que je pouvais faire en alternance les 3 dernières années. Donc je pouvais décrocher un master2 en alternance.  De cette façon, je répondais aux attentes familiales qui pesaient sur mes épaules. Et en même temps j’étais en alternance donc indépendant financièrement. Et l’indépendance, çà j’ai toujours su que c’était mon truc.

Le début en alternance c’est très mal passé, j’y allait la boule au ventre, c’était horrible. En plus quand tu n’es pas à ta place, çà se sent, et tes collègues qui y sont un petit peu plus ne t’aime pas. Quand on n’est pas vraiment à sa place, on n’est pas vraiment bon. Mais j’avais quand même un certain potentiel pour faire une certaine mission dans la banque, en gestion de patrimoine. Donc j’ai quand même persévérer là-dedans. Et tu sais, une fois que tu as un poste à 22 ans, en CDI, en émargeant à 40k€ pour an… c’est quand même tentant de rester cadre dans le tertiaire dans une belle planque où bon… le travail n’est pas rigolo. Mais çà peut être une belle planque quand même. La tentation du confort et de l’argent est là évidement, et puis j’ai une perspective de carrière plutôt sympa. A 26 ans, j’ai atteint mon objectif professionnel. A ce rythme la, à 56 ans je devenais Directeur Général d’une filiale du CAC40, j’émargeait à 1M€ par an plus 500k€ de bonus. Donc, tout était tracé sur le papier, c’était écrit. Il n’y avait plus qu’à s’emmerder 42 au boulot pour atteindre ces niveaux de rémunération. Et au début de ma vie, j’avais un rapport à l’argent un peu particulier, j’y étais très attaché. Donc juste l’idée de gagner autant d’argnet comme çà, c’était extraordinaire.

R : Pourquoi étais-tu attaché comme çà à l’argent ?

D : Je sais pas, c’est culturel certainement, et une petite partie de ma personnalité qui aime bien çà aussi. On sait toujours ce que l’on veut dans la vie. Tous, nous savons ce que nous voulons au fonds de notre cœur, ce que nous aimons, et ce que nous n’aimons pas.

J’ai quand même persévérer parce qu’il y avait la carotte du beau salaire et de la belle carrière, du costard, de la reconnaissance sociale. Et puis, le métier n’était pas horrible à 100% , il y avait des parties que j’aimais bien. Rencontrer du monde par exemple. J’adore rencontrer du monde. Quand tu reçois plusieurs personnes différentes dans ton bureau tout les jours, tu vois du monde, tu racontes tes histoires de banquier, tu en entends beaucoup. Donc c’était le petit côté sympa de ce métier que j’appréciais : l’humain.

R : L’humain dans la Banque… comme quoi ! Et donc à quel moment cette perspective de la carotte du plan établi sur les 40 prochaines années ne te suffit finalement plus ?

D : J’ai eu beaucoup de chance en fait. J’ai eu beaucoup de chance parce que ma vie ne me convenait plus sur tous les plans. C’est-à-dire qu’au boulot, çà n’allait plus. Je sentais de plus en plus que je n’étais pas à ma place.

R : Comment tu le sentais ?

D : En fait il y a 2 choses. La première c’est en toi, tout au fonds de ton cœur. C’est ta petite voix intérieure. Et au début, ta petite voix elle te chuchote « Hey… faut pas rester là » Bon. Tu y réfléchis un an ou deux, et au bout de deux ans ta petite voix elle te dit « Hey coco, il va falloir commencer à partir maintenant ». Et tu lui réponds à la petite voix, oui, mais… 40k€ par an, directeur général à 55 ans, je reste ! Et au bout de 7 ans la petite voix elle te hurle dans les oreilles « Putain, barre-toi maintenant ! » et çà commence à pas aller… Tu rentres chez toi le cœur qui serre… La petite voix au bout d’un moment elle sait se faire entendre. Et c’est physiologique. Cœur serré, toujours malade… on parle de burn-out etc, il y a peut-être un petit peu de çà à l’intérieur.

Et aussi : l’exemple. Il faut juste ouvrir les yeux et voir tes collègues à 5,10,20 ou même 40 ans de plus que toi, dans la même boite que toi. Qu’est-ce qu’ils deviennent ? Et se poser la question le soir, devant ton miroir : est-ce que j’ai envie de ressembler à çà dans 5, 10 ou 40 ans ? Pour moi, la réponse tenait en 3 lettres : N O N ! Non, je ne veux pas ressembler à çà dans x années.

R : Alors, comment tu imaginais ces personnes-là ? J’ai eu exactement se flash là avec mes collègues de travail. Je me souviens encore de voire 2 personnes devant moi et me dire intérieurement : en fait, j’ai vraiment pas envie de vous ressembler dans 15 ans. J’ai vraiment ressenti ce flash.

Alors qu’est-ce que tu reliais à tes collègues autours de toi ? Quelle image te renvoyaient-ils ?

D : Je ne suis pas là pour régler mes comptes, donc je ne vais citer personne, aucune banque, etc… De manière générale, avec tous les anciens avec qui je suis allé manger ou boire une bière le midi, tous… ou bout d’une bière ou deux, il y en a qui sont plus lents que d’autres… au bout d’un moment tous  me disent « Bon ben j’ai 55 ans… Toute ma vie j’ai travaillé pour notre employeur. J’ai jamais été payé à la hauteur de ce que j’espérais, en fait ma vie c’est un peu de la merde… ». Et quand tu vois des gens qui ont une carte de visite avec un titre pompeux, le salaire qui va avec,  te dire la larme à l’œil, sans parfois sa l’avouer à eux-mêmes ou aux autres, « ma vie c’est de la merde…  Ca fait 40 ans que je travaille, dans 3 ans c’est la retraite, j’ai rien fait de ma vie, je suis devenu vieux, qu’est-ce que je vais foutre de ma vie maintenant ? ». C’est catastrophique. A l’époque j’étais un jeune vingtenaire, j’avais beaucoup d’énergie à faire sortir de moi, toujours en train de bouger. Déjà passer 7 ans sur un fauteuil assis à papoter c’était trop… Alors je me suis dit, putain, il faut vraiment attendre 35 ans de plus là ? Pour attendre la retraite ? Non. Non, ce n’est pas possible.

R : Surtout que la retraite en plus… dans notre tranche d’âge il n’est pas sûr qu’il y en ait encore…

D : Non effectivement, quand on regarde un compte de résultat et un bilan (c’était mon métier) de la Sécurité Sociale et de la République Française… effectivement il n’y aura plus de retraites.

R : Tu restes quand même 7 ans tu commences à avoir des difficultés à te regarder dans un miroir… et à quel moment est-ce que cela switch dans ta tête ?

D : Et bien c’est qu’il n’y a pas qu’au travail que çà n’allait pas. Et c’est là où j’ai eu de la chance. Parce que dans mon couple de l’époque, ça n’allait pas non plus. Et en plus dans le projet de ce couple, j’avais acheté une ancienne maison, pour la refaire intégralement moi-même.  J’y passais mes soirées, mes week-end, mes vacances… T’enlèves le costard quand tu rentres à la maison et tu mets le bleu de travail pour jouer au maçon, l’électricien ou au plombier. Et du coup, faire les travaux de cette maison pour un couple qui ne fonctionnait plus n’avait plus de sens.

Donc ma vie au boulot n’avait plus de sens. A la maison, çà n’avait plus de sens. Et jusqu’à la maison que j’étais en train de retaper n’avait plus de sens pour moi. Il n’y avait Plus aucun sens nulle part. Et quand tu n’as plus rien d’extérieur à toi pour te raccrocher, tu te raccroches à ce que tu as en toi . Et ce que j’avais en moi, c’était cette flamme, avec cette petite voix qui commençait à m’hurler « barre-toi d’ici ».

R : C’est marrant, tu as utilisé tout à l’heure le terme, et tu le réutilise : « çà a été une chance que çà n’aille pas dans tous les plans de ta vie » Pourquoi ?

D : Parce que si çà se trouve, çà aurait été bien avec ma copine, j’aurais eu une maison de rêve, et 40k€ par an pendant 42 ans, si çà se trouve j’y serai resté !

R : Et tu serais passé à côté de ce que tu vis aujourd’hui…A Ce moment-là ou tu te rends compte que rien ne va, qu’est-ce que tu décides de faire ?

D : C’est-à-dire que quand tu te rends compte de cela dans la vie, tu as 2 possibilités. Soit déprimé, « Mon Dieu c’est horrible ma vie c’est de la merde » soit se dire que c’est une occasion, une opportunité. A l’époque j’étais tellement malheureux d’être assis dans un bureau enfermé que j’avais trouvé un palliatif. Une échappatoire. Le jeune banquier que j’étais prenait des livres de Mike Horn, et je lisais mes bouquins ! Mike Horn au Pôle Nord, Mike Horn dans la jungle, Mike Horn dans le désert, tout çà pendant la pause midi pour essayer de respirer, de prendre cette bouffée d’oxygène que je n’avais pas.

R : Tu travaillais où ?

D : En Bourgogne

R : Ah oui, je t’imaginais déjà en pleine jungle parisienne…

D : Ah non çà ce n’est plus possible. La vie à la ville n’est pas possible pour moi. Alors c’était une petite ville de province de 7000 habitants. Pour moi c’était déjà une ville, chacun ses références… moi je suis un gars de la campagne. Donc je lisais Mike Horn dans mon agence en ville en me disant, « putain, des fois je me plains que ma vie c’est de la merde, mais le gars il est en train de traverser le pôle nord, il fait -60°C, il tombe dans l’eau glacée, il y a des ours… en fait, ma vie c’est pas tant de la merde que çà ». Et, au passage, le mec il s’éclate bien ! J’ai toujours aimé la nature, donc c’est çà qui m’appelait. J’ai commencé à faire de la randonnée depuis quelques années déjà. L’opportunité pour moi de vivre ma vie, c’était de partir me balader sur les chemins, dans la nature. C’était une évidence. Je n’ai pas décider tout de suite de quitter définitivement la banque. Je crois que je ne me le suis pas avouer tout de suite, je ne sais pas exactement comment cela s’est passé, je n’ai pas encore assez de recul là-dessus. Mais au début l’idée était : je prends un congé sabbatique de 6 mois. Donc je le négocie avec mon employeur, puis je prends un papier et un crayon et me disant que j’ai 6 mois de liberté totale dans ma vie. Honnêtement, çà ne m’étais jamais arrivé. Et j’ai la chance que cela m’arrive. Donc qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de ces 6 mois ? J’ai noirci des feuilles entières de projet de rando, de trek… Et en fait, j’avais besoin d’un vie entière pour partir marcher tout ce que je voulais marcher. J’ai donc condenser une première grande marche de 6 mois, la durée de mon congé. Je voulais partir tout de suite, et me laisser un temps de réadaptation social et civilisationnel à mon retour. C’est-à-dire que je pressentais qu’après 6 mois dans la forêt, je n’allais pas mettre un costard le lendemain en disant « Bonjour Madame, voilà votre contrat d’assurance vie… c’est génial » (rires) Non, je savais qu’il me faudrait une réadaptation. Surtout que je voulais partir seul.

R : Où en étais tu à ce moment là ? Tu dis que çà n’allait plus sur les différents pans de ta vie, te sépares-tu avant de partir ?

D : Voilà c’est çà. C’est-à-dire que je quitte mon employeur, je quitte ma compagne, je vends ma maison. Tout en même temps.

R : Han… (gros blanc) Et çà tu le vis comment ?

D : Bien.

R : Bien.. comme libéré ?

D : Exactement.

R : Cà faisait combien de temps que tu étais dans ta relation personnelle ?

D : Ca faisait 5 ou 6 ans que nous étions ensemble. C’était vraiment une fin de cycle sur tous les plans. En faisant cela, je me suis libéré de tout ce qui me retenait dans cette vie qui ne me convenait plus. Et… je suis un peu extrémiste des fois quand je prends un décision. Je mets longtemps à murir la réflexion… Nos auditeurs ont pu entendre qu’il m’a fallu 7 ans à me décider… Mais une fois que je me suis décidé, je brûle tous les ponts. Je quitte mon travail, ma femme, je vends la baraque…

R : Combien de temps a pris la décision même ?

D : Un claquement de doigt. J’exagère à peine. C’est une réflexion qui se mûrit. Et quand elle est prise : elle est prise.

R : Et à quelle moment as-tu donné du crédit à cette petite voix ? Tu as dit que tu l’entendais en toi, mais que tu la faisait taire. A quelle moment a-t-elle pris plus de place ? On retrouve très souvent cela dans les différentes chroniques de changement de vie, que l’on l’appelle la flamme, la petite voix, la boussole intérieure. Nous sommes nombreux à l’entendre et à la faire taire. Et toi, à quelle moment à telle parler trop fort pour que tu sois obligé de la suivre ?

D : A nouveau, j’ai eu la chance d’avoir une vie de merde sur tous les plans… Est çà a vraiment été une chance extraordinaire . En parallèle de cela, je me suis mis sur la voie du développement personnel. En lisant des livre, me cultivant, faisant des formations. Donc d’un côté mon niveau de confiance en moi s’élevait. Et je me rendais compte que, sur le papier pour le moment, tout est possible dans la vie. Et de l’autre côté  la vie devenait de plus en plus insupportable. Donc à un moment, c’est une parfaite rencontre entre l’offre et la demande ! Ah bon, tout est possible ? Et pourquoi pas pour moi ? Alors c’est parti, et maintenant.

R : Tu vends ta maison, tu te sépares, tu prends ton congé sabbatique, tu pars vivre ton expérience, ce voyage de transforme, comment vis-tu le retour ?

D : En vrai, je suis parti pour un congé sabbatique de 6 mois. Au bout de 3 mois, j’ai déjà traversé tout le Portugal sur la côte, toute l’Espagne, je suis au milieu des Pyrénées. Et quand tu prends un congé sabbatique, il y a un délai de préavis pour prévenir si tu vas reprendre ou ne pas reprendre. Là, la deadline arrivait. Et çà n’a pas été très long à se décider : çà fait 3 mois que je suis libre, que je suis sur mon chemin, heureux, évidemment je ne vais pas retourner à la banque. Donc je prends mon portable, j’appelle mon GRH « Allo Bonjour Monsieur Giraud ? Bon ben Je ne reviendrai pas. Ah non, je ne reviendrai jamais . » Il me dit « Oui, mais j’ai un bon poste à vous proposer, nanani nanana… ». Non, c’est fini. Donc au début j’avais prévu du temps pour revenir de ce grand voyage de 6 mois de marche seul pour me réadapter à la civilisation et au contact social, humain récurrent. Mais en fait, je savais que mon retour à la civilisation allait être un petit peu différent que prévu, et je ne pensais plus à cela à ce moment là. Quand j’ai pris ma décision de ne pas revenir à la banque, toute cette histoire de réadaptation sociale et civilisationnelle je n’y pensais plus. Mais, il faut dire que la réalité ets là. Tu pars 6 mois. C’est la première fois que tu pars marcher 6 mois, et tu n’es pas du tout préparé à cela. Parce que je suis parti la fleur au fusil. Je ne suis pas allé chercher de retour d’expérience sur çà, parce que je n’aime pas être spoiler. Je déteste être spoilé !

R : Quel parcours as-tu fais ? Pour faire du teasing ?

D : Ces 6 premiers mois c’est l’expédition FrancIbéria. J’ai pris un avion de Paris, jusqu’à Faro, au dus du Portugal, près de Gibraltar. Et je suis revenu à pied. J’ai longé toute la côte Portugaise, puis j’ai poussé un petit peu plus haut pour aller à Saint Jacques de Compostelle, qui était un passage important pour moi. Après j’ai pris le chemin de Compostelle à l’envers, sur le Camino del Norte. A nouveau en longeant l’océan Atlantique sur la côte Nord. Là, j’arrive au pied des Pyrénées, je les traverse mais dans le sens de la longueur de l’Atlantique à la Méditerranée. Ca fait 900 bornes de haute-montagne. Et une fois que j’arrive de l’autre côté, à Banyuls, je longe un petit peu la méditerranée sur la plage, 3-4 jours, puis bifurque plein Nord. JE traverse la France pour enfin rejoindre Paris. En passant par le Puy en Velay, Vézelay où j’habitais à l’époque, c’était un endroit qui m’était cher, jusqu’à Notre Dame qui était une belle ligne d’arrivée.

R : Donc au bout de 3 mois tu disais que tu sais que tu ne reviendra pas ?

D : Une évidence. C’est une évidence ! C’est-à-dire qu’un jour je regarde un truc qui s’appelle un agenda, et me dis « Putain, on est déjà tel jour de tel mois ! » et je m’étais noté quelque part qu’il me fallait répondre à la RH avant telle date. Donc il y avait une dead-line. Parce qu’une fois lancé sur les chemins, à part boire, manger, dormir, s’inquiéter du prochain point de ravitaillement, et marcher tes kilomètres tous les jours, au bout d’un moment tu ne penses à plus rien d’autre. Donc il y avait cette échéance, et c’était le dernier lien que j’avais avec mes engagements de ma vie d’avant. Il fallait que je le fasse, je ne m’en étais pas occupé avant parce que j’avais d’autre chose à faire, mais la DeadLine arrivant, il fallait que je le fasse a çà a été une évidence.

R : Et donc tu décides de ne pas revenir.

D : Je décide de ne pas revenir.

R : Mais tu te dis quoi professionnellement à ce moment là ? Sais-tu ce que tu vas faire après ?

D : Non

R : Et çà tu le vis bien ?

D : Oui.

R : Génial (éclats de rire) Parce qu’il y a des gens qui ont besoin de prévoir, et là tu pars d’une vie très cadrées, très normée… tu n’as plus de maison non plus…

D : Alors dans le fin fonds de la campagne Bourguignonne, quand tu mets en vente ta maison, il faut apprendre la patience. Je viens de la vendre au printemps, quand je partis à pied en Norvège, à Cap Nord . Donc çà a mis 2 ans à se vendre. Mais dans ma tête c’était vendu.

R : Tu fini par arriver à Paris, qu’est-ce qui se passe une fois arrivé ?

D : Wahoo ! Cà c’est énorme. Parce que pendant 6 mois, tu penses à quelque chose quand même. C’est arrivé quelque part, c’est-à-dire ta ligne d’arrivée. Moi ma ligne d’arrivée c’était Notre Dame de Paris. Tous les jours je faisais un exercice de visualisation, ou je me voyais arriver sur le parvis de ND, au bout de 6mois, avec une barbe jusqu’au nombril. Parce que quand je suis partis ce n’était pas gagné d’avance. Et la visualisation te permet de booster tes performances. C’est-à-dire que tu mets toute ta vie, toute ta vie pendant 6 mois, 180 jours, c’est marcher vers ND de Paris. Tu la vois dans tes rêves tous les jours. Tu ne sais pas si tu y arriveras… t’es cramé par le soleil, gelé par les glaciers, soufflé par le vent, trempé par la pluie, le froid, les chiens, les ours, tout çà… Ça fait beaucoup d’épreuve à passer, et des fois tu te demandes si tu vas y arriver… Des fois il y a du doute qui arrive. Mais justement çà donne plus de valeur à l’arrivée. Parce que quand tu as marché entre 6 et 12 heures par jours tous les jours, pendant 180 jours, seul en ne pensant à rien d’autre que d’arriver à ND… le jour où tu y arrives… wahoo… c’est un truc de fou.

R : Ca faisait combien de kilomètre au total ?

D : Ca faisait 5 000 km. EN 6 mois. Et j’arrive à ND de Paris, je rentre à l’intérieur, et là la situation ma donnée le ton pour le retour à la civilisation, que j’avais un petit peu oubliée. Il y a du avoir une vague d’attentat, ou je ne sais pas trop quoi, (nous sommes en fin septembre 2017). J’arrive et là il y a 2 vigiles qui me parlent en anglais, me disant « open your bag », qui me passe au détecteur de métaux… Merde, les gars ! Je viens de marcher 5000km, je suis un pèlerin et je suis pris pour un terroriste ! Bon, ben c’est tout. Ca refroidi un petit peu l’atmosphère. Je rentre dans ND, là c’est très personnel, très intime, parce qu’au début on marche… c’est physique, physiologique. Après il y a autre chose qui se passe, même si tu ne pars pas pour cela d’ailleurs… Et à ND de Paris j’ai… j’ai fait ce que j’avais à faire, j’en suis ressorti très ému, et là arrive la morale de l’histoire.

Bon, ben çà fait 6 mois que je marche, on en n’est pas encore à la question « qu’est-ce que je vais faire demain ». Ça fait 6 mois que je marche, je suis arrivé à ND de paris, la leçon de l’histoire c’est que :

« Quel que soit ton rêve dans la vie, tu le prends, tu décides comment y arriver, et tu le fais. » Marcher 5000km seul, pendant 6 mois, notamment en haute-montagne, sans expérience… il y a beaucoup de gens qui m’ont dit « tu es complètement cinglé, tu n’y arriveras pas… » Hé bien si, j’y suis arrivé. Parce que quand tu donnes tout, absolument tout, t’y arrives. Et que tu veuilles traverser un continent à pied, créer ton entreprise, changer de voie, conquérir l’homme ou la femme de ta vie, marcher sur la lune… çà marche avec tout ! Ça c’est la leçon de l’histoire que j’en ai tirée.

R : Et tu te sens… comment dire…

D : Inarrêtable.

R : Indestructible, tout est possible. Et vient le lendemain ? Qu’est-ce que tu te dis le lendemain ?

D : Le lendemain… les difficultés arrivent. (rires). Parce que là tu es sur ton petit nuage, et maintenant il faut redescendre sur terre. Et çà je n’avais pas du tout anticipé, à nouveau je n’ai pas pris de retour d’expérience sur cet aspect des choses. Je n’aime toujours pas me faire spoiler. Donc tu reviens dans le monde, au début tu es encore sur ton petit nuage, tu vois tous ces gens autour de toi qui statistiquement n’ont pas bougés, ils sont encore en train de faire un travail de merde, et ils sont toujours aussi dépressifs. Et tu te dis « putain, moi les gars j’ai trouvé la solution, moi je suis parti marcher 5000km »… encore sur ton petit nuage…

R : Tu as envie d’embarquer tout le monde !?

D : C’est-à-dire que cette expérience je l’ai vécu seul, et à mon sens la solitude est un point important. Alors je suis un garçon assez solitaire,  mais la solitude apporte des choses que seule la solitude peut apporter. Donc je ne voulais pas emmener tout le monde marcher avec moi. Moi, j’ai marché seul, et çà me convenais très bien comme çà. Mais je ne me suis pas dit non plus qu’il faudrait que ce soit obligatoire de marcher seul, je ne veux forcer personne. Par contre, j’espérais un petit peu quelque part que par mon exemple et mon histoire, çà puisse inspirer aux gens, qu’en fait, oui, tout est possible dans la vie. Ce n’est pas que dans Walt Disney. Ça marche aussi dans la vie là. Donc mon grand plaisir quand je suis revenu c’était d’aller faire un bisou à mes amis et ma famille que j’avais pas vu depuis 6 mois. Et puis… j’avais quelques petites histoires à leur raconter, çà tombait bien. Ça a été bon. Ca prends quelque jours d’aller faire un petit bisous à tout le monde. ET une fois que c’est fait : qu’est-ce que tu fais maintenant ? Ah ! Et là, tu es encore sur ton petit nuage mais tu te dis déjà que c’était quand même plus simple de marcher mes 30km tous les jours. Il faut se l’avouer.

Et bien justement, c’était peut-être un peu trop facile de marcher 5000km en fait. Maintenant il va falloir vivre ma vie et, je quitte ma condition de salarié dans la banque là où j’ai un diplôme, une reconnaissance, une employabilité, un salaire potentiel… pour reconquérir ma possibilité de manger, boire, dormir, donc une source de revenus, concrètement, avec ce que j’ai fait.

R : Tu avais déjà appelé ton RH pour lui dire que tu ne reviendrai pas après ton congé sabbatique, simplement, comment quittes-tu cette activité salarié ?

D : A la première étape, je suis passé par un congé sabbatique. Et il parait que statistiquement, il y a beaucoup de transformation de l’essai. Tu connais certainement beaucoup mieux le monde de la RH que moi, tu dois certainement connaitre les statistiques des gens qui ne rentre pas après un congé sabbatique, et après change de voie. En fait, le congé sabbatique… c’est un peu un alibi pour se recentrer sur soi-même, sans prendre trop de risque. Parce qu’au pire,  on peut revenir au point de départ. Donc pour demande un congé sabbatique, ,je suis allé dans la doc interne de ma boîte, et puis administrativement, il faut remplir telle et telle conditions… En fait, le congé sabbatique je m’en foutais. Je voulais juste 6 mois de vie libre. Donc en regardant dans la doc, j’ai trouvé ce que je pouvais faire légalement en France, pour pouvoir avoir six mois de libres.  En France, c’est le congé sabbatique. Il fallait répondre à des critères… auxquels je ne répondais pas forcément, mais quand vends bien le projet çà passe quand même. Et puis il faut l’accord des supérieurs hiérarchiques, N+1, N+2, un GRH et tout le monde m’a dit oui.

Aussi je ne suis pas parti comme çà, je n’ai pas planté mon ex-employeur. C’est-à-dire que j’étais arrivé au bout d’un poste. Ma démarche a été de dire que maintenant je veux une augmentation ou je pars. Elle m’a été accordée. OK. Maintenant je veux ce poste-là, le poste de mes rêves, et pas moins. OK, on me le donne. Et une fois qu’ils m’ont accordé cela, maintenant je veux 6 mois de congé sabbatique avant de prendre mon nouveau poste. Et psychologiquement pour moi, çà a aussi été important de faire de cette manière. Parce qu’en commençant par-là, avec l’augmentation et la promotion, c’était un certain aboutissement. Maintenant que j’ai atteint de niveau professionnel, avec ce niveau de rémunération, qu’est-ce qu’il me reste à prouver ? Et à qui ?

La réponse : rien. A personne. D’ailleurs la dernière personne à qui je ressentais le besoin de prouver quelque chose c’était moi. Une fois que j’ai obtenu mon objectif de carrière, mon niveau de salaire visé, je n’avais plus rien à perdre. Et surtout je n’avais plus rien à perdre à part mon temps à rester à cet endroit qui n’était plus fait pour moi. Donc çà c’était pour le côte psychologique. Pour le côté commercial, c’est-à-dire comment vendre ton projet à ton employeur, d’abord tu valide quelque chose. Et une fois que l’on te reconnait à ton niveau, tu demandes un congé sabbatique. Du moins c’est comme çà que j’ai fait. Et tout m’a été accordé.

R : Tu es parti en congé sabbatique, mais tu n’est pas revenu. Qu’as-tu fais, as-tu déposé ta démission ?

D : Oui c’est çà. J’ai tout d’abord prévenu que je ne reviendrai pas. J’ai fait dans un premier temps une demande de rupture conventionnelle qui m’a été refusée. J’ai aussi fait… car j’étais motivé à l’époque , très jeune et naïf…  une demande de sponsoring ! Je leur ai dit que je suis la nouvelle star montante, que j’allais faire un énorme buzz avec mes aventures, que j’allais aller au pôle Nord, au pôle Sud, sur Mars, j’allais aller partout ! Donc laissez-moi mon salaire et je mettrai votre logo sur mon T-shirt. Je vous fait ce cadeau : oui ou non ? Curieusement ils m’ont dit non ! (rires)

R : Qui ne tente rien n’a rien ! On ne sait jamais…

D : Bien sûr, d’ailleurs cet ex-employeur subventionne des sportifs, mais surtout des cyclistes. Et moi.. je partis à pied, et pas à vélo donc ils n’en avaient rien à foutre. A ce stade, j’ai fait une démission pur et simple.

R : Donc tu démissionne, tu n’as pas le droit au chômage, donc il te faut une source de revenus pour pouvoir vivre. Comment tu switch ?

D :  J’ai déjà une petite idée avant de partir. Je m’intéressais à la nouvelle économie, notamment le développement de business sur internet. Et c’est dans ces eaux-là que j’ai lancé mon blog LeBanquierRandonneur. Je l’ai créé juste avant de partir, comme çà j’avais déjà créé quelque chose. Et puis quand je suis revenu je l’ai travaillé. L’idée étant que maintenant que j’ai de l’expérience en randonnée… d’ailleurs les 3 années qui ont suivies je n’ai fait que çà, je suis parti marcher 5000km tous les ans, donc j’ai augmenté à nouveau cette expérience. Cette expérience elle peut servir à d’autre, d’autres qui sont prêt à payer pour l’avoir ; afin de se préparer avant de partir et de ne pas se blesser.

Donc pourquoi pas concilier les 2. J’ai commencé mon blog, et je propose aux randonneurs, aux trekkers, aux pèlerins, de se former avant de partir en coaching ou en formation vidéo e-learnig.

R : Tu t’es positionné sur internet, mais il existe déjà pas mal d’influenceurs notamment sur l’aspect parcours. Toi, tu as choisir un créneau un petit peu plus spécifique vraiment autours de la préparation, du matériel,, etc… d’où t’es venu cette idée-là ?

D : 15 000 km de marche sur les chemins m’ont un petit peu aidé à trouver cette réponse là. J’ai eu la chance de rencontrer des milliers de randonneurs sur les chemins. En plus, tu marches seul donc tu n’as aucun frein pour la rencontre. Je suis assez social, bien que je parte seul, paradoxalement. Et aborder tout le monde que je croise sur les chemins, c’est un vrai plaisir. Donc j’ai rencontré des milliers de gens, qui avaient tous les mêmes problèmes.

Toujours les mêmes problèmes récurrent qui arrivent. Mal aux pieds, à cause de chaussures inadaptées. Le sac trop lourd qui fait mal au dos. On peut partir faire une petite randonnée sans préparation physique avant de partir, c’est OK. Mais des gens qui se fixe un objectif, comme par exemple un GR20… Faire son GR20, la traversée de la Corse, le GR réputé le plus difficile d’Europe, sans préparation physique, il ne faut pas s’étonner de se blesser ! Tu fais 180km, 11000m de dénivelé positif, autant de négatif, tout çà dans des pierriers… il y a un moment çà choque le corps. Donc se fixer de très hauts objectifs sans préparation physique, c’est ne pas respecter, ne pas écouter son corps. Et quand le corps commence à dire stop, qu’on ne l’écoute pas, qu’on s’entête. C’est là qu’on se blesse. Et puis il y a aussi l’organisation de la journée. Mieux tu t’organises, en te mettant au rythme de ton corps à toi, et à celui de la nature, mieux çà marche. Il y a des gens qui sont parfois un petit lent à comprendre… il m’a fallu 7 ans pour comprendre que je n’étais pas à ma place… En s’organisant bien, on limite les blessures, la fatigue, les douleurs inutiles, on évite les orages… çà en randonnée c’est une grande question. Dès que l’on commence à monter un petit peu en altitude, il faut éviter les orages. Et en s’organisant, on peut facilement statistiquement les éviter.

R : Donc tu as vu un vrai besoin, et tu te spécialise dessus, d’accord. En plus tu nous a dis être parti la fleur au fusil, donc tu as peut être fait ces erreurs-là ?

D : Beaucoup.

R : Si tu as fait une erreur en particulier ?

D : Ce serait de ne pas écouter mon corps. Je suis aussi parti avec un objectif de challenger, performer sportif. Et je me disais que dans la vie, il n’y a que le mental, le corps ne compte pas. Alors..  il n’y a que le mental… oui et non… Il y a un moment, où si tu n’écoutes pas ton corp, comme ta petite voix intérieur, ton corps va dire stop. Au début, il va te le dire gentiment. Des petites douleurs par-ci par-là. Après il va te le dire plus fort, jusqu’à temps qu’on arrive au clash. Là c’est trop tard, et tu repars sur une civière, sans bouger pendant 6 mois.

R : Il faut donc trouver un équilibre entre écouter son corps et…

D : Exactement, l’équilibre entre la performance et le respect de son corps.

R : Je pense que l’on va développer ce sujet dans l’autre Podcast de 50NDS, c’est très intéressant. Donc tu développes cette activité assez rapidement ? Concrètement quel statut tu choisi ? Comment t’organises-tu ? Est-ce que çà te rémunère assez rapidement ?

D : Je choisi le statut d’autoentrepreneur. Aujourd’hui ,je n’ai pas encore atteint mon objectif de rémunération, mais je développe l’activité, le chiffre d’affaire monte, donc çà va arriver. J’ai surtout eu une difficulté non pas administrative, mais technologique. C’est que je suis un gars de la campagne, et FaceBook, Instagram, tout çà… je n’utilisais pas. En fait j’ai acheté mon premier smartphone, j’ai créé mon premier compte Facebook, mon premier compte instagram, ma première chaîne youtube pour communiquer autour de cette activité de formation en randonnée. Donc je suis parti de zéro, et déjà toucher un ordinateur ou un smartphone ce n’était pas facile. J’ai du tout apprendre. Ce qui fait qu’en fait, les premiers mois je me suis formé à temps plein, pour savoir comment marche le blog, les rs, tout un monde que je ne connaissais pas. Et j’ai fait çà tout seul.

Du coup s’était très dur. Aujourd’hui avec le tout petit recul que j’ai, l’entreprenariat tout seul c’est dur. Je suis issu d’une famille de salarié, mes amis sont presque tous salariés, donc dans mon cercle social, personne n’a fait ce dans quoi je me suis lancé. Je n’avais aucun exemple à suivre. Aujourd’hui avec internet c’est extraordinaire. Tu peux t’inspirer de nombreux mentors virtuel que tu rencontres à travers les RS. Mais physiquement, tu n’as personne à côté de toi pour te mettre la main sur l’épaule. Tu galères. C’est normal. Par exemple, quand tu modifie un truc tout simple sur ton blog, et que çà te prend 14 heures de travail temps plein, et que le lendemain un développeur te dit « ah ouai, en 30min c’est fait çà »… des fois c’est dur pour le moral. Donc au début tu n’es pas très productif. Et plus tu te formes, plus tu pratique, plus tu es compétent.

R : Avec le recul, tu ferai peut être appel à quelque de spécialisé pour gagner du temps ?

D : Bien sûr, c’est ce que je suis en train de faire aujourd’hui, déléguer certaines tâches. Et aussi de se mettre dans une ambiance pour m’aider. Il m’a été suggéré d’essayer le co-working. Alors au début pour moi le co-working c’était un endroit où il y a des gens qui parlent et qui boivent du café pendant que j’essaye de travailler. (rires) Donc j’avais une petites appréhension. Mais j’ai essayé, parce qu’il faut être ouvert d’esprit dans la vie, et en fait c’est super. Je suis arrivé dans mon co-working, j’ai rencontré 50 personnes qui font tous à peu près ce que je fais, beaucoup de freelances, beaucoup d’entrepreneurs, même si ce n’est pas le même secteur d’activité, on est dans un mindset plus entreprenant, plus entrepreneur, clairement. J’ai rencontré des gens qui font à peu près ce que je fais. J’ai aussi rencontré des gens qui sont complémentaires à ce que je fais, et rien qu’être à leur contact et voir comment ils travaillent c’est intéressant. La moindre petite conversation autour d’un café apprends des semaines de formations tout seul dans ton coin. Donc çà m’a beaucoup aidé.

R : Donc tu es passé d’un mode de travail plutôt solitaire derrière ton écran à un co-working. Surtout Quand tu es travailleur indépendant. C’est vrai que tout à l’heure tu nous disais que tu es solitaire, mais tu as quand même besoin du contact humain. Le co-working t’offre cette possibilité-là, en plus de te faire un réseau. Alors aujourd’hui, tu n’as pas fait que ton FrancIbéria, tu as fait 2 autres gros voyages que tu développeras dans le PodCast 50 Nuances De Sport. Tu as aujourd’hui plus de 15000 kilomètres à ton actif, cette activité de formateur en randonnée à côté… Quelle perspective as-tu pour les mois et années à venir ? Des projets ?

D : Déjà j’ai lancé la première gamme de produit de formation vidéo sur la préparation à la randonnée. Là je suis en train de lancer ma seconde gamme, les formations sont en train d’arriver en ce début d’année pour répondre de manière universelle aux grandes questions que se posent les randonneurs.

Parce qu’au début de j’avais pas vu çà comme çà, je n’avais pas suffisamment d’expérience et de recul sur le besoin réel de préparation. Aujourd’hui que je l’ai, j’ai créé une gamme qui répond exactement à çà et je suis en train de la proposer à nos amis randonneurs.

Donc la première source de développement aujourd’hui c’est finir ce développement de ma gamme. A côté, il me faut tout apprendre, donc je suis en train de professionnaliser mes publications, en partageant de plus en plus de contenu et de plus en plus régulièrement sur tous les réseaux sociaux.

Et çà, quand tu veux publier tous les jours sur 4 Réseaux Sociaux différent et que tu arrives la fleur au fusil, çà ne dure pas longtemps. Ça c’est une exemple du co-working, ou j’ai rencontré une rédactrice et une Social Media Manager… extraordinaire ! Les filles m’ont apportées leur structure, leur trame de leur stratégie et de leur discipline pour pouvoir réussir à publier régulièrement sans se prendre la tête. Ca, çà va me permettre de me faire connaitre sur mon premier business. Je vais tout traduire en anglais bientôt, parce qu’il y a 10 fois plus d’anglophones que de francophones, et les plus gros randonneurs du monde sont les Hollandais et les Allemands qui sont eux aussi anglophones. Donc je vais partir à la conquête du marché mondial.

Maintenant que j’ai appris ce business plan de commercialiser de l’expertise, en apportant de la valeur ajoutée par le biais du e-learning en ce faisant connaitre par les réseaux sociaux, je compte dupliquer çà à d’autres domaines de la vie où je suis bon. Alors j’ai commencé par la randonnée, mais je pense déjà à la survie, au développement personnel, qui sont les prochaines boites que je vais lancer ces prochaines années.

Et j’ai aussi au fonds de moi cette envie de partager. J’aime partager, j’aime raconter des histoires. Celles que j’ai vécues encore plus. Et j’ai vécu une histoire vraiment extraordinaire. Je me pose donc la question : comment partager un maximum ? Pour peut-être… je ne sais pas … donner l’envie à certain d’entre nous à faire çà. Je suis donc en train de commencer à écrire mon premier livre par exemple, et je pense aux premières conférences que je vais faire pour présenter ces aventures.

R : Génial, on aura peut-être l’occasion de se revoir par la suite ! Et peut-être que tu seras le fameux livre qu’un banquier lira à la pause déjeuner (rires)


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