Comment choisir ses vêtements pour aller faire une randonnée / un trek ? C’est le fameux système 3 couches. Grâce à lui, on va pouvoir évaporer sa sueur, avoir chaud quand il fait froid, et rester au sec quand il pleut. Système 3 couches ? Le nom peut paraître un peu compliqué… mais en fait c’est très simple, et à la fin de cet article tu sauras TOUT ce qu’il faut savoir sur les vêtements de randonnée.

Pour commencer, voici les 3 couches :
– 1ère couche : respirabilité
– 2ème couche : isolation thermique
– 3ème couche : imperméabilité

Tu trouveras le Guide du Système 3 couches à télécharger gratuitement juste ici :

Et en bonus la grande question à laquelle nous allons répondre : comment rester en confort (rester sec, pas trop chaud, pas trop froid) malgré l’effort d’intensité variable en extérieur ?

Première couche : la Respirabilité

La première couche, c’est celle que l’on porte directement sur soi. Une sorte de seconde peau. Il faut qu’elle soit légère, qu’elle n’irrite pas, qu’elle n’entrave pas les mouvements, notamment des bras et… qu’elle ait une autre grande qualité : qu’elle soit respirable.

Nous en reparlerons plusieurs fois au cours de cet article, mais la respirabilité est tellement importante ! Et j’ai vu tellement de randonneurs négliger ce point sur les sentiers…

La respirabilité est la capacité d’un vêtement de respirer, c’est-à-dire de faire sortir l’humidité de l’intérieur vers l’extérieur. En gros, la capacité d’évacuer ta sueur afin que tu ne trempe pas littéralement dedans. Et si en plus, le vêtement à la capacité de sécher vite une fois mouillé, là c’est fantastique…

Concrètement, nous allons parler de 3 matériaux différents utilisés en première couche. Un à éviter absolument (sauf dans des conditions climatiques extrêmes, mais c’est un cas particulier), et les deux autres à utiliser, avec le comparatif avantages / inconvénients.

Le coton : à éviter absolument. Le principal problème du coton est justement qu’il n’est  pas respirant. Donc, dans l’effort tu vas suer, et il va absorber ta sueur. Ce sont les grosses auréoles que l’on a typiquement sous les bras, dans le dos, ou parfois sur le torse, le ventre… En plus de cela, le coton ne tient plus chaud quand il est mouillé.

Sueur : Mode d’emploi

Parce que si l’on veut rester sec, c’est bien pour cette raison thermique. D’ailleurs comment fonctionne notre corps, sans les vêtements ? (Allez, tout le monde à poil, Youhouu !)

Le corps est une machine extraordinaire. Sérieusement. Je m’en suis rendu compte la première fois que je suis parti marcher 5 000 kilomètres… Je ne pensais pas que ce serait aussi faisable, voire parfois aussi facile pour mon corps humain ! Mais si.

Pour gérer la température corporelle nous suons ou nous frissonnons. Dans le cas de la sueur qui nous intéresse dans ce chapitre, lorsque la température du corps devient trop élevée, le corps envoie de l’eau à la surface de notre peau. Elle s’évapore. Et lorsque l’eau s’évapore, cela produit un refroidissement. En fait la sudation est un système de refroidissement, un peu comme celui que tu as dans ton frigo, ou sous le capot de ta voiture.

Les 3 matériaux de la première couche

Pour en revenir à notre coton et son deuxième problème, c’est qu’il ne tient plus chaud une fois mouillé. Effectivement, les vêtements vont se comporter comme une peau : lorsqu’il sont mouillés, l’eau qu’ils contiennent s’évapore, et cette évaporation à un effet de refroidissement sur le vêtement… et le randonneur qui le porte. Mais tout les textiles ne sont pas égaux, et certain continue de tenir chaud malgré l’humidité. Pas le coton.

Et pour finir, il a encore une autre caractéristique : il sèche lentement. Donc il fois qu’il est mouillé, il pose un problème longtemps… heureusement, nous avons à notre disposition 2 autres textiles très efficaces.

Le textile en fibre synthétique pour commencer. Il peut être très léger, il est très respirable et il sèche très vite. Le combo parfait. Ajoutons à cela qu’il n’est pas cher, et pas trop fragile. Au jour où j’écris cet article, je peux dire que j’ai marché la plus grande partie de mes 15 000 km de trek en textile technique. J’ai fait mes quelques premières randos en coton… j’ai vite compris le problème. Puis je suis passé au synthétique.

Il a l’air tellement parfait que je vais quand même parler de ces deux défauts. Tout d’abord, l’odeur. Ce n’est pas un textile hygiénique et lorsque l’on fait de l’effort avec, que l’on sue, l’odeur devient vite significative… Ensuite, l’écologie. Il s’agit quand même d’un produit dérivé du pétrole, dont de minuscule fibres part dans l’eau à chaque lavage et fini un jours ou l’autre dans l’océan… Deux gros défauts pour les gens qui y sont sensibles. Heureusement, nous avons…

La laine, et plus particulièrement la laine mérinos. Ces deux grandes qualités sont justement d’être naturelle et anti-odeur. Mieux qu’anti-odeur, la laine a des propriétés anti-fongique (anti-mycose), anti-bactérienne et anti-microbienne. Donc malgré la crasse et la sueur accumulées, les odeurs ne s’y développent pas bien. Tant mieux pour nous.

Cependant, la laine a ces petits défauts. Tout d’abord elle tient chaud. Pour une randonnée estivale il faut donc choisir un grammage très léger. A ce jour, je n’ai pas encore essayé la laine mérinos en grammage estival, mais c’est quelque chose que je vais essayer lors de mes prochaines randos de cet été, donc on en reparlera plus tard. Ensuite, elle est plus chère, et fragile.

Deuxième couche : l’isolation thermique

Maintenant que notre sueur s’évacue bien, parlons un peu d’isolation thermique avec cette deuxième couche de notre système 3 couches. En fait, on veut avoir suffisamment chaud quelle que soit la météo.

Comme nous en avons brièvement parlé précédemment, lorsque le corps à froid, il met en place un dispositif de réchauffement : le frisson. Les poils s’hérissent, captant ainsi un maximum de chaleur dans l’air ambiant. Puis nous frissonnons : un léger spasme secoue notre corps. L’énergie dynamique du frisson créant de la chaleur. Or, ce n’est pas confortable. En plus cela fait dépenser des calories à notre corps, alors qu’une bonne journée de marche montagne nous fait déjà dépenser 2,3,4, 5000 kcal… Et pour finir l’hypothermie est un excellent moyen de tomber malade.

Donc pour éviter cela, nous mettons tout naturellement des vêtements pour nous tenir chaud. Et une fois de plus, nous avons le choix entre plusieurs matériaux, qui ont chacun leur qualités et leur défauts.

Commençons avec la polaire. La polaire est un textile synthétique fait pour tenir chaud. Il tient chaud même une fois mouillé, ce qui est très appréciable par temps humide ou changeant. En plus, elle n’est pas cher du tout. Petits défauts : c’est un produit synthétique toujours aussi peu écolo, elle n’aime pas trop de feu, et est peu compressible.

La compressibilité ? Là nous touchons un autre point très important dans le matériel de randonnée, tant pour la couche chaude du système 3 couches que pour les duvets. Un matériaux compressible peut être compacté pour prendre moins de place. Comment se fait-ce ? En fait, le meilleur isolant du monde est l’air. Plus précisément, l’air chaud emprisonné dans un textile.

Si on pouvait trouver un matériaux qui aspire l’air et l’emprisonne en lui pendant qu’on le porte, ET se vider totalement de son air pour ne plus prendre de place dans le sac et être léger comme une plume, ce serait parfait. Comme une plume… ?

Les 2 matériaux de la deuxième couche

On l’a trouver ce matériaux, justement c’est la plume ! Ou plutôt le duvet. A porter sur soi, cela prend la forme d’une doudoune. Il est à noter que la suite de ce paragraphe est aussi valable pour les duvets, avec la comparaison duvet synthétique (ouate de cellulose) par rapport au duvet en plume.

Le duvet est le meilleur isolant que nous avons, rapport poids / isolation thermique. Il tient très chaud, est léger, et prend très peu de place une fois plié au fond du sac. Cependant, il n’aime pas du tout l’humidité. Non seulement il ne tient plus chaud une fois mouillé, mais en plus il met très longtemps à sécher et pourri très rapidement. D’ailleurs quand on voit des petits points gris, noirs, ou verdâtres dedans c’et une mycose, un champignon qui commence à s’y développer.

De plus il est cher et fragile. Donc, bien que ce soit le meilleur isolant, nous l’utilisons surtout en terrain froid et sec (hiver froid, haut en altitude, ou haut en latitude) ; voire en « deuxième deuxième couche » pour le soir au bivouac ou au refuge. L’idée étant de l’utiliser dans un endroit où il ne prendra pas l’humidité. Typiquement en montagne, même en plein été, nous ne sommes pas à l’abri d’une gelée blanche. Là, on peut être content d’avoir sa doudoune…

Troisième couche : l’imperméabilité

Enfin, maintenant que nous sommes au chaud, nous voulons être au sec. C’est-à-dire empêcher l’eau qui est à l’extérieur de rentrer à l’intérieur. Et cela va soulever un grand paradoxe. Comment empêcher l’eau de rentrer, sans empêcher l’eau de notre sueur de sortir ? C’est une grande question, une partie de la réponse est le système 3 couches.

L’autre partie est dans la façon d’utiliser son système 3 couches. On en parlera rapidement après, et on en parle à 100% dans la Formation vidéo « Matériel de Randonnée », qui comporte un module entier sur le sujet. En plus de cela, on y parle de bien choisir son sac, sa tente, son duvet, ses bâtons… bref, tout le matériel dont nous avons réellement besoin sur les sentiers. Tu trouveras plus d’infos sur cette formation ici :

Nous allons donc rentrer un peu dans la technique, en parlant d’imperméabilité (empêcher l’eau de rentrer) et à nouveau de respirabilité (permettre à l’eau de sortir).

L’imperméabilité est donc la faculté d’un vêtement d’empêcher l’eau de rentrer, que ce soit la pluie ou l’humidité. En effet, lorsque l’on marche dans un épais brouillard ou dans les nuages, en montagne, nous sommes entouré d’une atmosphère à parfois 100% d’humidité qui imprègne tout.

Pour mesurer cette faculté, les concepteurs de vêtements outdoor utilise l’unité de mesure du millimètre, ou du Schmerber, ce qui est la même chose. Plus la valeur est grande, plus le vêtement est imperméable :


– 2 000 mm : ( =  « softshell » ) On reste sec en cas de forte humidité ou de petite averse
– 5 000 à 10 000 mm : ( =  « harshell » ) sec dans la majorité des cas, même des averses prolongées et pluie d’orage. C’est le niveau de protection adapté, conseillé pour la pratique de la randonnée
– 15 000 mm et plus : encore plus imperméable, et plus durable… mais encore moins respirant. Ce niveau de protection n’est conseillé qu’en cas d’activité en extérieur en zone très pluvieuse et fraîche.

La respirabilité en chiffre

Les concepteurs communiquent sur la capacité de leur vêtements à respirer avec l’unité de mesure RET (Resistance Évaporative Thermique). Plus le RET est grand, moins çà respire. Alors, ça à l’air un petit peu technique, mais en fait cela est très simple, et ça tient en 4 lignes :


– RET 6 et moins : confortable même en effort intense (utilisé par les traileurs)
– RET 6 – 12 : confortable en effort modéré
– RET 12 – 20 : inconfortable en effort intense ( = tu mouilles dans ta sueur)
– RET : 20 et plus : inconfortable même en effort modéré ( = clairement déconseillé en rando )

Là nous sommes en plein dans le paradoxe de rester sec de la pluie sans devenir mouiller par sa sueur. Il y a donc un équilibre Respirabilité / Imperméabilité à trouver.


De plus, cette échelle de valeur est relative. Ce qui est dit « confortable » pour l’un, ne l’est pas forcément pour l’autre. Cela va dépendre de la faculté de chaque marcheur à être en hyperthermie, de suer, etc… Selon mon expérience personnelle, pour les gros sueur (comme moi) : on décale presque d’une catégorie.

Pour conclure sur cette dernière partie de notre système 3 couches, je finirai sur une question ouverte : HardShell ou Poncho ? C’est une excellente question, et elle mérite à elle seule un article qui sera publié…

L’art de changer les couches

Comme nous en avons parlé plus tôt, le système 3 couches est une partie de la solution. Le problème étant en randonnée de ne pas prendre la pluie ou le froid, tout en ne trempant pas dans sa propre sueur.

 En effet, l’une des erreurs de gestion thermique les plus courantes sur les sentiers est de monter avec trop de couches et d’arriver au sommet en sueur. Là, en hyperthermie et essoufflé on se déshabille, et on se retrouve mouillé en plein vent, la meilleure façon de prendre un coup de froid, voire d’attraper la crève. Car les sommets et les cols sont toujours les endroits les plus venteux.

Une autre situation difficile est de monter sous la pluie. Il fait chaud, mais on ne veut pas mouiller, donc il va falloir se s’habiller, se déshabiller, se rhabiller au gré des averses… ce genre de situation très courantes en montagne est une des raisons pour laquelle j’adore le poncho. Mais ça, on en parle dans « HardSHell ou Poncho »…

Pour faire court, voici un petit « tableau » d’utilisation du système 3 couches à télécharger gratuitement :

Sincèrement, j’en suis assez fier. En un coup d’œil, tout est là, claire et facile à comprendre.

J’espère que cet article t’a aidé dans la préparation de ton système 3 couches, n’hésite pas à me dire ce que tu en penses en commentaire, je réponds à tout le monde, et cela me permettra de m’améliorer pour les prochaines publications.

A mardi prochain,

David


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