Comment bien utiliser ses bâtons de randonnée ? Ils sont les plus grands amis des randonneurs ! Ils nous soutiennent, ils nous sauvent les genoux, nous permettent de franchir des obstacles… Aujourd’hui, voyons simplement comment bien les utiliser en rando.

L’Angle parfait

La chose la plus importante à faire pour bien utiliser ses bâtons est d’avoir un angle de 90° entre le bras et l’avant-bras. C’est l’angle parfait pour respecter notre coude. Il nous permet d’avoir le meilleur transfert de puissance. Et de ne pas nous blesser.

Si nous utilisons les bâtons de randonnée, c’est justement pour moins se blesser, comme nous le verrons dans un autre article, « Les Avantages des bâtons de randonnée ». Or, un mauvais angle est un risque de blesser le coude, et notamment en nous faisant des tendinites. Pour ceux qui connaissent, ce n’est vraiment pas agréable… Donc, réglons bien nos bâtons pour avoir cet angle parfait à 90°.

Vous remarquerez que je ne parle dans cet article que des bâtons couramment utilisés, pas des bâtons de marche en une seule pièce, ou autres bourdons de pèlerins. Toutefois, si vous aimez marcher / randonner / pèleriner avec ce genre d’outil, l’angle à 90° est tout de même recommandé.

La Dragonne

Qu’est-ce que c’est que ça ? La femelle du Dragon ? Non ! La dragonne c’est la sangle située près de la poignée du bâton de randonnée.

La Dragonne
La Dragonne d’un bâton de randonnée

Et elle a toute son importance. Sans elle, nous serions obligé de serrer fortement la poignée du bâton pour le garder en main. De plus, plus nous sommes en difficulté sur un terrain technique, plus on est stressé par un passage difficile ou un vertige… et plus on se crispe ! Alors, à la fin de la journée, on peut ramasser ses doigt à la petite cuillère et bien profiter de ses courbatures dans la main !

Heureusement, la dragonne est là. En l’utilisant correctement, une grosse partie de l’effort de tenir le bâton est fait par notre poignet dans la dragonne, plutôt que par les doigts sur le bâton. J’estime pour ma part que la dragonne fait 80% du job. Je n’utilise presque plus mes doigts / mes mains pour serrer le bâton. Même si j’avais des mains de Lego je pourrais continuer à randonner avec mes bâtons sans presque rien changer 🙂

De plus, en terme de transfert d’énergie, elle est terriblement efficace. Une grande partie de l’énergie que nous dépensons pour mouvoir le bâton ainsi que le poids de notre propre haut de corps est utilisée pour avancer.

D’ailleurs, la dragonne est tellement efficace que c’est LA grande différence entre un bâton de Randonnée et un bâton de marche Nordique. Ces derniers ont une dragonne qui englobe complètement la main, afin de maximiser ce transfert d’énergie. Elle permet ainsi au pratiquant nordiques de marcher à 6 ou 8 kilomètres par heure, ou plus. En revanche, elle capture complètement la main, ce qui n’est pas très pratique pour la randonnée.

Ce n’est pas la taille qui compte…

mais un peu quand même… Une grande question des bâtons de randonnée est : comment régler leur taille ? Hé bien, cela dépend beaucoup du terrain.

A plat

Sur un terrain plat, c’est très facile. On règle ses bâtons pour obtenir un angle à 90° au niveau du coude, et c’est terminé. Plus besoin de toucher jusqu’à la fin de la marche.

En montée

En revanche en montée, devant nous le sol est plus proche. Donc, il va falloir régler ses bâtons dès que le dénivelé s’accentue, pour en diminuer leur taille, l’objectif étant de toujours avoir notre angle parfait.

En descente

En descente c’est exactement l’inverse ! Devant nous le sol est plus loin, il va don falloir régler les bâtons pour augmenter leur taille.

Dans les devers

Le combo des deux ! Pour pouvoir continuer à bien prendre appui sur ces bâtons de marche en devers, il faudrait en avoir un court en amont, et un long en aval (côté de la descente). Et il faudrait aussi inverser à chaque fois que le chemin muletier tourne… Heureusement, beaucoup de bâtons sont équipés d’un grip, dont on reparle très vite dans la suite de cet article. Car, avant…

Régler son bâton de randonnée

Comment bien le régler ? De manière générale, les bâtons de rando sont constitués de plusieurs brins. Couramment, deux ou trois. Les brins se verrouille et déverrouille grâce à un système de verrouillage rotatif ou des clips.

Pour déployer votre bâton, je vous invite d’abord à dévisser le brin le plus proche de la poignée, en le mettant à sa taille maximale. Attention, ne dépassez surtout pas la limite de taille de votre bâton, qui est en général bien indiquée. Cela l’abîmerai et diminuerai significativement sa durée de vie. Puis, on dévisse le deuxième voire le troisième brin s’il y en a.

Pour ranger un bâton, c’est exactement l’inverse.

Dans cet article, nous allons nous contenter de parler de bâton (et il y en a déjà beaucoup à dire !) mais tout les équipements du randonneur sont importants. Donc savoir bien les choisir ET bien les utiliser est une priorité absolue. Pour aller plus loin vous trouverez un condensé de tout ce qu’il y a à savoir sur la matériel dans le Pack de Préparation.

Le Grip du bâton

Certains bâtons de randonnée sont munis d’un grip sous leur poignée. Une sorte de gaine en plastique ou liège autours du tube d’aluminium qui permet de « prolonger » la poignée.

Typiquement, le grip est très pratique dans les cas où l’on ne souhaite pas changer la taille de ses bâtons en permanence. Il est donc recommander de choisir ses bâtons avec grip si l’on part faire de la marche en montagne.

Les manchons / embouts

Le bout des bâtons de rando est souvent équipé d’une pointe en tungstène, un métal très dur. C’est très bien pour pénétrer tout type de sol meuble. Mais pas les pierres ni le bitume.

Il y a deux gros problèmes liés aux pointes de bâtons de randonnée. Le premier…

1 : Tic Tac Tic Tac…

… c’est le bruit. A chaque fois que la pointe arrive sur quelque chose de dur, comme par exemple du bitume ou de la pierre, ça fait « tic ! » Sur des chemins balisés empruntant beaucoup de route carrossable, c’est tout simplement insupportable ! « Tic Tac Tic Tac » toute la journée dans les oreilles ! C’est insupportable pour les randonneurs eux-mêmes, alors imaginez les riverains de chemins très fréquentés !

C’est « Tic Tac Tic Tac » toute la journée devant leur maison 6 mois par ans… De nombreux riverains de chemins balisés ainsi que des associations ont déjà portés plainte contre les fédérations de rando et ont parfois obtenu gain de cause au tribunal pour cela ! La sentence : une amende généreuse et une obligation de modifié le tracé.

Heureusement, il y a une solution qui diminue significativement le problème : les manchons de bâtons. C’est un embout en gomme que l’on vient empaler sur la pointe tungstène du bâton : « Sortez couvert » !

Une autre solution, celle que j’utilise moi-même depuis des années : je n’utilise plus mes bâtons quand je traverse une zone habitée. En général la route est très plate, le dénivelé très limité, alors ce n’est clairement pas dans ces endroits que nous avons le plus besoin de nos bâtons… Je fais un petit effort et cela soulage grandement tout le monde.

2 : Le Labourage

J’étais un train de monter le sommet du Ben Lomond en Ecosse. Un magnifique petit crochet lorsque l’on emprunte le West Highland Way, avec vue sur tout le Loch Lomond…

Sur les berges du Loch Lomond…

Pour ceux que le charme de l’Ecosse attirent, vous trouverez un article sur ma traversée de l’Ecosse… en Kilt 🙂 :

En pleine ascension, je tombe nez à nez avec un gars, pelle en main, en train de construire un escalier sur une portion du GR. Je l’aborde et lui demande ce qu’il est en train de faire. Dans un anglais (très Ecossais), il m’explique que je suis en train de labourer la montagne.

Quoi ?

Hé oui, à chaque pas, mes pointes de bâtons pénètrent le sol meuble, je m’appuie de tout mon poids dessus pour m’aider dans la montée, et cela laboure littéralement le sol. Il me montre des photos : en quelques années, quelques milliers de randonneurs équipés de bâtons suffisent à détruire complètement un chemin…

Merde alors !

Heureusement, il y a une solution qui diminue significativement le problème… Les pieds de chameaux ( = les manchons de bâtons ) ! C’était son image pour illustrer qu’un gros pied de chameau, bien épaté, ça laboure moins la terre qu’une pointe tungstène. Alors sortez couvert !

Les Rondelles

On utilise aussi des rondelles à fixer au bout des bâtons pour ne pas qu’ils s’enfoncent de trop dans la neige ou la boue.

Il en existe deux sortes, les petites pour la boue, et les grandes pour la neige. C’est exactement le même principe que les raquettes pour partir randonner dans la neige. Dans la poudreuse, nos pied s’enfoncent tout droit dans la neige meuble (comme les pointes de nos bâtons).

Avec les raquettes, nous avons une plus grosse surface de contact avec le sol, et donc on ne s’enfonce pas, ou beaucoup moins.

Les rondelles vont également augmenter la surface de contact de nos bâtons pour ne pas qu’ils s’enfoncent. Elles limitent aussi l’effet ventouse de la boue qui « aspire » les bâtons et qui ne veut plus nous les rendre !

Rangement des bâtons de randonnée

Comme tout les outils : lorsque nous ne les utilisons pas les bâtons sont rangés. La solution la plus couramment utilisée est de les enfiler repliés dans les sangles latérales du sac de randonnée. En fonction du sac, soit il faut le mettre à terre pour pouvoir reprendre ses bâtons, soit on peut faire un « dégainage d’urgence » (on en parle juste après).

Une fois déployer, on peut également ranger ses bâtons coincés dans la bretelle du sac. Cette astuce est pratique pour ne pas avoir à les replier avant de les ranger, et permet de se prendre pour un chevalier (errant), le rêve de beaucoup d’entre nous ^^ … On peut ainsi les dégainer, rengainer rapidement en fonction du besoin. Il faudra tout de même être vigilant au monde qui nous entoure, afin de ne blesser personne.

J’utilise cette seconde technique lorsque je traverse un village (pour éviter le fameux tic tac), car je sais que je vais les réutiliser juste après. Je l’utilise également dans des environnements où il y a beaucoup de rivières à traverser. Par exemple, lorsque j’ai traversé la Scandinavie. Les bâtons sont particulièrement utiles pour passer à gué une rivière, et quand il y en a dix ou vingt par jours… mieux vaut garder les bâtons à porter de mains.

Dégainage d’urgence

Le dégainage d’urgence consiste à dégainer en une seconde ses bâtons rangés repliés en toutes circonstances. Cette technique m’a déjà peut-être sauvé la vie

Malheureusement, il n’est pas possible de faire ce dégainage avec tous les sacs de randonnée, par conséquent je choisis les miens en prenant en compte ce critère de sélection.

Concrètement, il s’agit de saisir la poignée du bâton par dessus son épaule pour le faire sortir de ses sangles. Ce n’est pas évident de visualiser en lisant, mais vous trouverez la vidéo complémentaire à cet article de blog sur ma chaîne YouTube ( le dégainage est à 9:27) :

Mais quand cette technique est-elle vraiment utile ? Dans deux cas de figures.

Se défendre

Il m’est arrivé d’avoir à me défendre contre un animal particulièrement agressif. Je ne rentrerai pas dans le détail, mais ce sont des choses qui peuvent arriver occasionnellement…

Le piolet

En 2017 le dégainage d’urgence m’a permis d’éviter le pire… Lorsque je faisais mon premier GR10 (LIEN vers l’article), j’ai rencontré pour la première fois de ma vie les névés. Pour ceux qui ne les connaissent pas encore, ce sont les plaques de neiges glacée que l’on trouve en altitude, même en plein été.

Pour bien franchir un névé, un bon planté de bâton et de talon suffisent. Malheureusement à l’époque je ne le savais pas encore, et j’en commencé à en traverser un particulièrement en devers sans m’aider de mes bâtons. J’ai glissé…

Le risque de glisser sur de la glace en pente, c’est que l’on accélère sans pouvoir se freiner… jusqu’à s’arrêter net sur les rochers en contre-bas… Dès que j’ai commencé à partir, j’ai griffé la glace d’une main pour freiner la descente. Avec l’autre, instinctivement, j’ai dégainé mon bâton, pour l’utiliser comme un piolet et le planter dans la glace. J’ai fait pareil avec le deuxième, puis j’ai remonté la pente jusqu’au chemin à plat ventre, en plantant mes bâtons et mes pointes de pieds.

Attention, je ne dis pas que les bâtons de rando valent les piolets d’alpinisme, loin de là ! Cependant, ce jour là, les utiliser comme tels m’a peut-être sauvé la vie.

Où trouver ses bâtons de randonnée ?

Il en existe beaucoup de modèles, j’en ai testé plusieurs. Certains m’ont clairement déçu, comme celui qui s’est brisé lors de mon ascension du Petit Vignemale. Je partage aujourd’hui deux références que j’ai appréciées :

  • les Forclaz anti-choc F500 que l’on retrouve chez Décathlon :

Avec les fameux embouts « Sortez couvert » dont nous avons parlé : LIEN

Les Rondelles pour la boue : LIEN

Les Rondelles pour la neige : LIEN

Notez que ces pièces détachés sont compatibles avec toute la gamme de bâton Forclaz.

  • les Black Diamond (la référence en terme de bâton) liège carbone poignée liège :

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