En randonnée ou en trek, choisir un sac de couchage qui offre une isolation thermique adaptée à votre environnement est indispensable. C’est la clé d’une bonne récupération. Avoir trop chaud ou trop froid peut vous priver d’un sommeil réparateur. Dans le deuxième cas, c’est aussi un risque bien plus grave d’hypothermie. Mais alors, comment choisir ? Faut-il se fier à la température de confort ? À la température extrême ?
Dans cet article on vous explique tous les éléments qu’il convient de prendre en compte avant de choisir les degrés de son sac de couchage.
Les côtes de température d’un sac de couchage de randonnée

La côte de température est l’indicateur principal pour choisir un sac de couchage adapté. Elle spécifie jusqu’à quelle température un sac de couchage va vous garder au chaud pendant la nuit, et à partir de combien de degrés vous risquez l’hypothermie. Pour évaluer ces critères d’isolation thermique avec un maximum de précision, la côte de température répond aux normes EN 13537 et ISO 23537.
Ça ne vous dit rien ? Ce sont ces normes qui établissent les 4 catégories de température suivantes :
- température limite supérieure ;
- température de confort ;
- température limite de confort ;
- température extrême.
Si la première et la dernière catégorie sont très peu utilisées, on retrouve la température de confort et la température limite de confort indiquées sur presque tous les modèles de sac de couchage.
Bon à savoir : un sac de couchage ne produit aucune chaleur. Il conserve simplement la température corporelle. |
Maintenant, voyons les principales différences entre les normes EN 13537 et ISO 23537.
Zoom sur la norme EN 13537
La norme européenne EN 13537 offre une méthode standardisée pour évaluer les performances d’isolation thermique des différents modèles de sacs de couchage. Elle va prendre en compte des facteurs comme :
- le sexe et le métabolisme de l’utilisateur ;
- l’isolation ;
- la forme et les caractéristiques du sac de couchage.
Pour cette norme, on se base sur des utilisateurs standards :
- l’homme standard : 1 m 73 pour 73 kg ;
- la femme standard : 1 m 60 pour 60 kg.
Selon cette norme, les 4 niveaux de température pour un sac de couchage sont :
- Température limite supérieure = température à laquelle un homme standard peut dormir sans trop transpirer.
- Température de confort = température à laquelle une femme standard peut dormir confortablement dans une position détendue.
- Température limite de confort = température à laquelle un homme standard peut dormir recroquevillé pendant 8 heures sans se réveiller.
- Température extrême = température à laquelle une femme standard peut survivre 6 h dans le sac de couchage sans mourir d’hypothermie.
Bon à savoir : avant cette norme EN 13537, chaque fabricant de sacs de couchage pouvait réaliser ses propres tests. On pouvait donc trouver des sacs de couchage à la conception assez similaire, mais qui affichaient des valeurs totalement différentes. |
La norme internationale ISO 23537 vient petit à petit remplacer la norme EN 13537, bien que cette dernière soit encore très utilisée en Europe comme par les marques américaines.
Zoom sur la norme ISO 23537
La norme ISO 23537 vise depuis 2016 à tester et classer les performances thermiques des sacs de couchage. Elle utilise une méthode d’évaluation différente de la norme EN 13537 qui recherche à imiter de façon plus précise l’utilisation réelle du consommateur. Un mannequin chauffé est placé à l’intérieur du sac de couchage. On mesure ensuite la vitesse à laquelle la chaleur diminue dans les diverses parties du corps.
Pour ce qui est des 4 niveaux de température, ils sont assez similaires à la norme EN 13 537 :
- Température limite supérieure : c’est la « limite supérieure de confort jusqu’à laquelle l’utilisateur du sac de couchage, partiellement découvert, ne transpire pas trop ».
- Température de confort : c’est la « limite inférieure de confort à laquelle l’utilisateur du sac de couchage en posture détendue, par exemple étendu sur le dos, est globalement en équilibre thermique et n’a pas froid ».
- Température limite de confort : c’est la « température inférieure à laquelle l’utilisateur du sac de couchage en posture recroquevillée est globalement en équilibre thermique et n’a pas froid ».
- Température extrême : c’est la « température très basse à laquelle un préjudice pour la santé par hypothermie est possible ».
Maintenant que vous avez compris comment sont calculés les différents indicateurs, voyons comment choisir un sac de couchage confortable et bien isolant.
Bien choisir son sac de couchage en vidéo
Comment choisir la bonne température du sac de couchage pour son trek ?

Partir avec un sac de couchage adéquat est primordial pour votre confort et votre sécurité. Surtout si vous partez sur une randonnée de plusieurs jours. Pour choisir le niveau de température correcte, il faudra prendre en compte plusieurs facteurs propres à vous-même, mais aussi à votre environnement.
La température la plus basse lors de la randonnée
On commence par le plus logique : la température la plus basse que vous rencontrerez lors de votre trek ou de votre randonnée. Elle peut varier en fonction des saisons, de l’altitude, de l’humidité, etc. Avant de vous lancer, vérifiez les prévisions météorologiques et consultez des forums spécialisés.
Si vous avez un doute, il vaut mieux partir avec un sac de couchage un peu plus chaud. N’hésitez pas non plus à contacter l’office de tourisme de la région dans laquelle vous bivouaquez pour obtenir des informations plus précises.
Attention : le vent peut influencer la température ressentie (refroidissement éolien). Si vous randonnez en montagne ou dans un environnement venteux, prévoyez une marge de quelques degrés. |
L’humidité
La sensation de froid est plus importante dans des conditions humides. Si vous bivouaquez sous la pluie ou près d’un cours d’eau, votre sac de couchage risque de prendre l’humidité. Dans ce cas, évitez le garnissage en duvet qui perd son gonflant (et donc de son isolation thermique) une fois humide. Privilégier un sac de couchage en synthétique plus résistant à l’eau. Attention également à la condensation dans la tente qui peut faire descendre la température ressentie globale.
La R-value du tapis de sol ou du matelas
Vous aurez beau avoir un sac de couchage avec une température de confort adaptée, si votre matelas de randonnée ne suit pas, vous risquez d’avoir froid lors du bivouac. L’isolation d’un tapis de sol est mesurée avec une « R-value » généralement comprise entre 1 et 5. Pour une utilisation 3 saisons, une R-value de 2 à 3 est suffisante. On passera sur du 3 et + pour un usage 4 saisons.
Bon à savoir : il est possible d’additionner la R-value de deux matelas en les superposant. |
Le drap de sac
L’utilisation d’un drap de sac, ou « sac à viande » permet de gagner quelques précieux degrés. On vous le conseille aussi pour éviter de salir votre sac de couchage avec votre transpiration.
Les vêtements portés pour dormir
Votre tenue pour la nuit peut influencer votre température à l’intérieur du sac de couchage. En règle générale, on vous conseille plutôt de vous habiller légèrement pour limiter votre transpiration. La sueur peut affecter de manière plus ou moins forte la capacité d’isolation thermique de votre sac de couchage. Aussi, couchez-vous toujours dans des vêtements bien secs.
Si vous avez peur d’avoir froid, emportez quelques habits chauds (et propres) supplémentaires. Pensez également à couvrir les extrémités (mains, pieds et tête) qui sont responsables de près de 40 % de la perte de chaleur du corps.
Le type d’abri
Bien que cela soit plus minime, le type d’abri que vous choisirez pour la nuit aura un impact sur votre température globale et donc la capacité d’isolation de votre sac de couchage. Vous serez moins protégé du vent dans un hamac, par exemple. Même entre les différents modèles de tentes, certains vous protégeront davantage. Prenez aussi en compte la respirabilité pour limiter la condensation et le nombre de personnes qui dorment dans votre abri.
Votre frilosité et votre morphologie
Pour finir, gardez en tête que nous ne sommes pas tous égaux face à notre ressenti de la chaleur. Une personne plutôt mince aura tendance à être plus sensible au froid. Prenez aussi en compte votre frilosité. Si vous êtes du genre à vous balader en t-shirt en hiver, vous aurez peut-être besoin d’un peu moins de chaleur pour dormir confortablement. Apprenez à vous connaître afin de choisir l’équipement le plus adapté.
Bon à savoir : la façon dont vous pliez votre sac de couchage a une influence sur sa durabilité et sa capacité d’isolation. |
Synthétique ou duvet : bien choisir la matière de son sac de couchage

Le choix de la matière du garnissage de votre sac de couchage a un impact important sur sa capacité à vous garder au chaud. Alors sac de couchage en plume ou synthétique ?
Sac de couchage en duvet
Le garnissage en duvet apporte plus de chaleur et de douceur. Au niveau du confort, c’est de loin le meilleur choix pour un sac de couchage. Il est aussi plus facilement compressible, ce qui diminue l’encombrement dans le sac à dos. Son principal défaut réside dans sa piètre résistance face à l’humidité. Une fois mouillé, il perd une bonne partie de sa capacité isolante.
On le conseillera donc surtout dans un environnement sec et froid, ou pour gagner en légèreté. Son entretien est aussi plus compliqué que pour un sac de couchage synthétique et son prix est plus élevé.
Sac de couchage synthétique
À l’inverse, le garnissage synthétique sera moins performant dans des conditions climatiques très froides en raison de sa capacité isolante plus faible. Il résiste néanmoins bien mieux à l’humidité. On conseillera ce type de sac de couchage pour randonner sous la pluie ou pour le bivouac dans un environnement particulièrement humide.
Quelle forme de sac de couchage choisir ?

On distingue deux catégories de sacs de couchage : les couvertures et les sarcophages. Voici quelques conseils pour orienter votre choix en fonction de la randonnée.
Le sac de couchage couverture
Le sac de couchage en couverte se présente sous forme d’un grand rectangle. Il est confortable, car il offre suffisamment d’espace, tout en étant moins cher que son homologue. Par contre, il sera plus long à réchauffer en raison du plus grand volume intérieur. Le poids et l’encombrement d’un sac de couchage couverture sont également plus importants. On le conseillera pour des randonnées courtes avec des températures supérieures à -10°.
Le sac de couchage sarcophage
Le sac de couchage en sarcophage est plus compact et plus léger. Sa forme anatomique limite la perte de chaleur, mais offre une moins bonne liberté de mouvement pendant la nuit. Il est souvent plus cher en raison de son côté technique. On le conseillera pour les treks en montagne ou en 4 saisons.
Bon à savoir : veillez à choisir une taille de sac de couchage adaptée à votre morphologie. Vous aurez plus de mal à rester au chaud dans un sac trop grand. À l’inverse, un sac trop petit risque de se déchirer plus rapidement, de limiter votre confort et de ne pas couvrir la totalité de votre corps. |
Nos conseils pour optimiser la chaleur de votre sac de couchage
Ça vous arrive régulièrement d’avoir froid lors du bivouac ? Voici quelques conseils supplémentaires pour optimiser la chaleur dans votre sac de couchage.
- Réchauffez-vous activement avant d’aller vous coucher pour rentrer chaud dans le sac (sauts, marche rapide, pompes, etc.)
- Mangez des repas riches en calories : le corps brûlera cette énergie, ce qui produit de la chaleur.
- Séchez et aérez votre sac tous les jours : l’humidité interne réduit sa capacité d’isolation.
- Portez des vêtements secs.
- Installez votre sac de couchage au moins 30 min avant d’aller dormir pour le laisser reprendre du volume (surtout pour les sacs en duvet).
Vous avez toutes les informations en main pour choisir un sac de couchage adapté à vos aventures. Renseignez-vous sur les températures minimales de votre lieu de randonnée et choisissez la température de confort en fonction. Les normes EN 13 537 et ISO 23537 sont de bons repères pour estimer les performances d’isolation thermique d’un sac de couchage. Mais n’oubliez pas non plus de prendre en compte les autres éléments pour vous rapprocher le plus possible des conditions réelles de bivouac et ainsi faire le meilleur choix possible. (morphologie, matelas, type de tente, etc.).
À bientôt sur les sentiers,