Parce que partir avec des chaussures de randonnée qui font mal aux pieds est un enfer… nous allons voir ensemble comment bien les choisir. Au menu : les différents types de chaussures, ton besoin (balade du dimanche ou trek au Népal ?), leurs caractéristiques techniques, ton pieds à toi (et il est unique), bien essayer sa paire de chaussures une fois arriver au magasin et enfin… je partagerai avec toi les 7 astuces qui m’ont permis de marcher 15 000 km sans me blesser les pieds 🙂

Les 3 Grands types de chaussures de randonnée

Afin de simplifier le sujet dans cet article, nous pouvons dire qu’il y a 3 grands types de chaussures de randonnée :

  • Chaussures de randonnée classiques avec une tige moyennement haute. Par anglicisme on les appellent « Mid » pour Middle. C’est le type de chaussures le plus répandu, et nous parlerons essentiellement de celle-ci dans cette article, une fois la comparaison avec les autres faite
  • Chaussures basses : faite pour la rando sous certaines conditions ou le trail
  • Chaussures hautes, qui montent à mi-mollets. Souvent tout cuir pour les treks en zone très humide et froide.

Toujours pour aller au plus simple, dans cet article nous ne parlerons pas des autres genre de chaussures, comme les chaussures d’approche, d’alpinisme, sandale de randonnée ou autre barefoot… De plus, je t’invite à oublier les baskets, chaussures de ville ou pire… les tongs. Elles ne sont absolument adapté à la pratique de la randonnée, et nous allons voir pourquoi. Mais avant…

Quel est ton besoin réel en chaussures ?

Hé oui, on ne choisi pas la même paire de chaussures pour des petites balades occasionnelles, une rando sur plusieurs jour, ou la traversée de la Scandinavie… Pour bien déterminer les chaussures dont tu as besoin, je t’invite à te poser quelques questions :

  • Combien de temps parts-tu marcher ? quelques heures, 1 jours, 1 semaine, 1 mois… ?
  • Quelle distance vas-tu marcher ? 5, 10, 20, 100, 1000 km ?
  • Quel Dénivelé ? Un GR20 ou un Tour du Mont Blanc représente 10 000 m de D+ et autant de D-, il te faut des chaussures qui te protègent
  • Quel terrain ? Du sentier praticable, plat, confortable, ou de la caillasses, des pierriers, des névés et des marais ?
  • Quel poids de sac porteras-tu ? Plus il est lourd, plus il augmentera les chocs articulaires et les risques sur tes chevilles…
  • Polyvalence ? Si tu achètes des chaussures pour plusieurs usages, il va falloir trouver un compromis entre ces différentes utilisations. Par exemple, des chaussures un peu juste pour une longue randonnée mais déjà trop raides pour une petite ballade de quelques heures. Je te conseille quand même de toujours prendre des chaussures prêtes à encaisser la randonnée la plus difficile que tu comptes faire.

Les caractéristiques techniques

Maintenant que ton besoin est clarifié, voyons les principales caractéristiques techniques des chaussures de randonnée.

Quand on rentre dans un grand magasin de sport, on arrive devant 150 paires de chaussures qui vantent des points forts différents, avec pas toujours un vendeur(euse) dispo, et parfois qui ne connais et ne pratique pas tant que çà la randonnée ou le trek…
Pour s’en sortir, voici les choses les plus importantes dans l’ordre des priorités 🙂

Maintien : la priorité n°1

Pour commencer, je conseille toujours une paire de chaussure montante « mid » au débutant, aux personnes ayant les chevilles fragile, en situation de surpoids, portant un sac lourd, ou partant sur des sentiers difficiles. Pour les randonneurs / trekkers expérimentés (plusieurs milliers de km de marche au compteur) et ayant le pied fait, alors pourquoi pas partir sur de la chaussure basse type trail.

Pourquoi ? Car lorsque tu mets ton pieds sur un caillou, une racine, dans un trou ect… la cheville se tord. Aïe… çà peut faire mal ! Foulure, entorse, voire fracture, on veut tous éviter cela.

La chaussure montante va encadrer l’articulation de ta cheville. En effet, sa tige haute diminue les possibilités de torsion. En gros, si tu mets les pieds sur un caillou de travers, c’est la structure rigide de la chaussure qui va encaisser, et pas ta cheville…

Résistance à l’eau : le choix

Plus une chaussure résiste à l’eau, moins elle évapore la sueur de tes pieds.

Hé oui… si la membrane de ta chaussure empêche l’eau de rentrer… elle va aussi l’empêcher de sortir ! Donc il va falloir bien doser pour ne pas avoir les pieds tremper à la première averse, et pour ne pas avoir les pieds tremper par… ta propre sueur ! Dégueulasse !

En gros, il y a trois types de protections à l’eau. Légère < Membrane imper-respirante < Imperméable (souvent tout en cuir).

Une chaussure légère prend vite l’eau et sèche très vite. Cela signifie qu’à la première averse, tes pieds sont trempés. Çà veut dire aussi qu’avec les soleil, le vent, voir la chaleur du feu de bois au bivouac elles vont vite sécher. C’est une stratégie. Et je la déconseille vivement aux débutants ! Randonner toute la journée, voire plusieurs jours avec les pieds qui font sploutch sploutch à chaque pas… c’est déprimant. Et quand tu enlèves tes chassures le soir sous la tente çà pu. Et quand tu pars le matin, et que tu enfiles tes chaussures trempées et froide… oh la la… Donc il vaut mieux maîtriser son sujet et pouvoir faire du feu tout les soirs, ou opter pour la deuxième solution…

Une chaussure à membrane imperespirante (la marque la plus connue étant Gore-Tex). Elle résistera aux pluies de moyennes intensités et laissera plutôt bien la sueur s’évaporer, c’est le compromis idéal. Je la conseille dans la majorité des cas. Je t’invite à la compléter avec une paire de guêtres. Les guêtres permettront de rester bien au sec, en évitant que l’eau ruisselle le long des jambes pour aller les chaussettes…

Enfin la chaussure en cuir bien entretenue sera parfaitement étanche. Donc elle résistera même à une grosse pluie d’orage, une ou plusieurs journée de pluie non-stop, une traversée de rivière ou marais. Mais elle sera insupportablement trop chaude par une température de plus de 20°C, même 15°C ou moins pour ceux qui suent rapidement des pieds.

Je l’ai beaucoup vu en Scandinavie par exemple, ou elle est très utilisée. En même temps, la-haut la température estivale dépasse rarement 20-25°C grand max par épisode. Et sur les sentiers de trek, les traversées de rivières à gué et de marais sont quotidiennes.

Amorti : pour sauver tes articulations !

Très important ! A chaque fois que tu poses le pied par terre, tout le poids de ton corps + celui de ton sac + la pente vient choquer ton pied, tes chevilles puis se répercute dans les genoux, hanches, colonnes vertébrale et cervicales. L’amorti de la semelle de ta chaussure va absorber à ta place ces chocs et ainsi préserver tes articulations.

Rigité / Souplesse : le choix v2

La rigidité va augmenter le maintien et donc la protection de la cheville ; en contrepartie elle empêchera un bon déroulé du pied donc augmentera les chocs articulaires.

La souplesse aura l’effet exactement inverse, et en plus, à court terme, fatiguera plus les muscles du pied dans la mesure où on peut faire un bon déroulé de pied. A long terme, une fois le pied remusclé, l’effet se sent beaucoup moins évidemment.

Protections

Les sentiers de randonnée sont plus ou moins praticables. En zone forestière, il arrive fréquemment que des branches tombées et des racines choquent les pieds. Dans la montagne, ce sont les pierriers qui prennent le relais.

Plus les roches sont coupantes, plus çà fait mal (ou sectionne carrément les semelles). Plus le dénivelé est raide et plus tu es fatigué… plus tu va te taper les pieds dedans. Donc les pare-pierres et autres semelles rehaussées permettent de ne pas se blesser les orteils et les pieds avec tout ces obstacles.

Accroche

L’accroche est la capacité de ta chaussure de ne pas glisser sur tout les types de terrain, la boue, les racines. Les pierres mouillées et les dalles de granit en fort dénivelées étant les passages les plus glissants/dangereux.

Vibram est la marque de semelles étant la plus réputées en termes de qualité d’accroche, mais aussi d’amorti. Beaucoup de grandes marques de chaussures lui font confiance. Et tu peux voir très rapidement si une chaussure est équipée Vibram par son logo : un petit losange jaune sous la semelle 🙂

Poids

Plus une chaussures est lourde, plus statistiquement elle va bien maintenir la cheville, rigidifier, résister à l’eau, protéger le pieds… Cependant, plus elle est lourde, plus elle va te fatiguer.

Hé oui, une chaussure ultra-light pèse moins de 200g, une rangers pèse plus d’1kg ! à la fin de la journée, surtout avec des dénivelé cela fatigue beaucoup plus les muscles qui portent ce poids, typiquement les pieds, les cuisses et les mollet. Or, plus tu es fatigué, plus tu as une démarche lourde, et tu tapes des pieds par terre à chaque pas…

Là on rentre dans un grand paradoxe avec le poids. Plus la chaussure est lourde (pour se protéger), plus tu choques tes articulations… et donc plus tu te blesse. Je te laisse y méditer… Pour ma part, j’ai commencé la randonnée avec des chaussures montantes (lourdes), et je revient progressivement sur de la chaussures basses (légères).

Durabilité

Enfin, statistiquement, plus une chaussure à de maintien/imperméabilité/rigidité/protection/accroche/amorti/poids, plus elle va être durable. De plus, statistiquement, plus une chaussure est chère et de grande marque, plus elle sera durable dans le temps. D’ailleurs, il est même possible de rechaper comme un pneu de voiture ces semelles. En gros, lorsque la gomme qui est en dessous des chaussures est usée comme un vieux pneu, un professionnel peut en remettre une couche neuve 🙂

Tes pieds à toi

Pieds de randonneur
Pieds de randonneur

Malheureusement on ne parle que très rarement voire jamais de ton pied ! Alors que c’est aussi important que la chaussure. Je t’invite vraiment à lire ce paragraphe avant d’aller au prochain où nous verrons comment bien essayer sa paire de chaussures de randonnée, même si c’est inhabituel.

En fait, la bonne paire de chaussures de randonnée est la paire qui va à ton pied à toi, alors que les constructeurs de chaussures les construisent en fonction des tables de statistiques morphologiques de leur client potentiels.

Voici les caractéristiques qui font de ton pied un pied unique :

  • taille : on ne parle que de cela alors que ce n’est pas la taille qui compte, mais la manière dont on s’en sert ^^
  • largeur : au niveau de la base des orteils, c’est l’endroit le plus large du pied. Une chaussure pas assez large à cet endroit te fera des ampoules. Une chaussure trop large à cet endroit… te fera des ampoules aussi !
  • 2 marques réputées : LA SPOTIVA est réputée pour tailler ses chaussures pour pieds fins, LOWA est réputée pour tailler ses chaussures plutôt large
  • coup de pied : Entre le pied et le tibia : attention à ne pas être serr& trop fort à cet endroit, çà peut t’irriter la peau voir le tendon juste en dessous !
  • cheville : son épaisseur et la malléole, qui peux prendre une place considérable notamment pour les personnes ayant peu de masse graisseuse
  • peau : les débutants qui ne sont pas habitués à marcher ou courir de longue distance ou sur une longue durée (toute la journée, plusieurs jours de suite) ont la peau sensible. Avec le temps et les kilomètres, la peau va se cornée, soit s’épaissir, devenir plus dure, moins sensible et sera moins sujette aux irritations, ampoules et autres mycoses…
  • ongles : Coupes-toi les ongles tout les 7 jours pour éviter le risque qu’il ne noircisse et tombe à force de taper dans l’avant de la chaussure, puis qu’il repousse en s’incarnant dans la chaire de ton orteil
  • Bonus « Pieds Plats ET en canard » dans la formation vidéo : pas de tabous, pas de complexes ! J’ai les pieds parfaitement plats, en canard, une jambe plus longue que l’autre de 1 cm, une déformation du bassin et une scoliose… et pourtant je marche ! Et tout cela ne m’a pas empêché de marcher des milliers de kilomètres de sentiers parfois très difficiles avec parfois un sac très lourd. Je filme mon pieds pour que tu vois de près les conséquences morphologiques des « pieds plats », et attirer ton attention sur les bonnes questions à se poser pour le choix de tes chaussures

Imagines-toi dans un grand magasin de sport

C’est parti, on y va, imagines que nous rentrons dans un grand magasin de sport pour choisir la paire de chaussures de randonnée de tes rêves ! Comment s’y prendre concrètement ?

  • Petit rappel chaussures hautes : pour les débutants, les chevilles sensibles, les grandes distances, gros dénivelés, pour porter un sac lourd, et les terrains techniques (cailloux, pierriers, devers, marais…)
  • Pourquoi pas des chaussures basses dans les cas inverses : pour exactement l’inverse. C’est à dire les randonneurs et trekkers déjà expérimentés, aux chevilles fortes, de faibles distance et dénivelé, en portant un sac léger, sur du terrain facile, et j’ajouterai également pour les pieds faits et ceux qui veulent marcher vite
  • Prioriser : En fonction de ce que nous avons vu depuis le début de cet article, maintenant tu connais ton pied et les caractéristiques essentielles dont ta chaussure à besoin pour aller sur ta randonnée à toi.
  • Essayer : SURTOUT ESSAYES PLUSIEURS PAIRES DE CHAUSSURES ! N’hésites pas !
  • Confort : c’est le plus important : Après avoir validé les caractéristiques techniques, l’objectif est de se sentir bien dans tes chaussures, sinon tu vas le regretter une fois parti. Habituellement, on choisi une demi taille ou une taille au-dessus de ta pointure habituelle mais ne t’arrêtes pas à cela. Car chaque constructeur et chaque modèle taillent différemment. La position idéale pour bien essayer ta paire de chaussures : debout, chaussures lassées normalement, les orteils à fonds vers l’avant qui touchent le bout de la chaussure, tu dois pouvoir passer un doigt entre ton talon et la tige de la chaussure. Ne t’arrêtes pas sur le look de tes chaussures, on s’en fout, la priorité n°1 c’est le confort. Après une ou plusieurs journées de marche, crois-moi que tu ne penseras plus, mais alors plus du tout au petit bout vert/violet/bleu de tes chaussures ! De plus, ne t’arrêtes pas au genre de la chaussure. Un homme longiligne et/ou au pied fin peut tout à fait mettre une chaussure de femme ; et une femme au pied large / un peu plus trapue que la moyenne peut tout à fait mettre une chaussure genrée homme. Enfin, petite astuce pour bien essayer ta paire de chaussures : essayes-les en fin de journée, lorsque ton pied est plus gonflé que le matin, car ils vont gonfler également une fois parti en rando
  • « Casser la chaussure« , c’est quoi ? Après plusieurs utilisation, la rigidité de la chaussure va diminuée au endroit où elle se plie, typiquement à la jointure des orteils et au coup de pieds. Attention cependant, il n’y aura pas de miracle, la chaussure continuera à être structurellement rigide.
  • Essayer avec des chaussettes technique : Mon conseil : ne porte jamais de chaussettes en coton en randonnée, elles vont d’imprégnées de ta propres sueur, ce qui est un risque aggravant d’irritations / ampoule. Je t’invite à ne prendre que des chaussettes techniques en fibres synthétiques qui sont faites pour être respirable (= bien évacuer ta sueur) et sont souvent renforcées aux endroit sensibles style orteils, talon, malléole…
  • Marcher et essayer : marche avec tes chaussures dans le rayon du magasin, et utilise les terrains artificiels s’il y en a pour se rendre compte du comportement et de l’accroche de la chaussure en terrain réel

Les 4 c*nneries à éviter

Les 4 erreurs les plus répandues… Çà c’est le fruit de l’expérience. Mon expérience personnelle de 15 000 km de marche, les expériences (plus ou moins heureuses) des milliers de randonneurs rencontrés sur les sentiers du Monde. Et l’expérience de 3 mois en tant que vendeur au rayon Trek de chez Décathlon. Alors quelles sont ces 4 c*nneries ?

  • ne pas essayer
  • « elles vont à un pote, donc elles m’iront ! » : tu n’as certainement pas exactement le même pied que lui
  • « je prend +1 pointure et basta »…
  • « c’est limite mais çà ira »… non non non ! si tes chaussures sont déjà limite en confort au repos dans un magasin chauffé/climatisé à plat, ce sera un enfer une fois parti sur les sentiers !

En fait… j’ai même l’impression que ces 4 erreurs se ressemblent beaucoup. C’est de l’ordre de « j’ai la flemme d’essayer des chaussures, je ne vais pas investir de mon temps pour le faire correctement« . Et quelques jours plus tard sur les sentiers… on le paye très cher et on regrette !

Mes 7 astuces

Enfin, c’est l’heure des 7 astuces qui m’ont aidées à traverser l’Europe à pied sans me blesser, çà se passe dans un autre article, juste ici : MES 7 ASTUCES 😉

Pour aller plus loin dans la préparation de ton trek, je t’invite à bénéficier des formations Chaussures de Rando ainsi que Matériel de Rando.

Passionément,

David


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