GR20 : la carte ultime enfin dévoilée ! Enfin plutôt les cartes. Pour pouvoir regrouper toutes les informations utiles pour préparer son GR20. Dans ces cartes, nous allons retrouver les 16 refuges d’étapes, mais aussi toutes les bergeries et ravitaillements intermédiaires, les moyens de transport en Corse, le relief, le sens et enfin le réseau téléphonique pour envoyer un petit message (pour une fois que ça capte sur ce GR ! ).

La carte des étapes « officielles » du GR20

Pour commencer, voici la carte des 16 étapes dites « officielles » du GR20 que l’on peut retrouver sur le Topoguide. Alors, je mets des guillemets à « officielle » car il n’y a rien d’obligatoire. Un GR, c’est un chemin de Grande Randonnée conçu par la FFRP (Fédération Française de Randonnée Pédestre). Les étapes sont donc habituellement faites pour qu’un randonneur lambda puisse les marcher sans trop de difficulté. Par conséquent, les marcheurs ayant une bonne condition physique, une certaine connaissance de la montagne, et un matériel léger pourront faire plusieurs étapes par jours. On dit qu’on « double » les étapes, voire qu’on les « triple ».

Les étapes « officielles » du GR20 (source www.le-gr20.fr)

En tout, le GR20 c’est 180 kilomètres avec près de 15 000 mètres de D+ (dénivelé positif). Avec quelques passages techniques et vertigineux, équipés de main courantes. En moyenne, les 16 étapes font 15 kilomètres chacune avec 900m de D+. Mais il y en a des petites et des grandes, en termes de kilomètres, comme on peut le voir sur la carte.

Et les étapes ne se valent pas toutes non plus en termes difficulté. Elles sont plus douces et moins techniques dans le sud que dans le nord (Vizzavona étant la frontière entre les deux). Avec la plus difficile, la plus aérienne : la 4eme entre Ascu Stagnu et Tighjettu.

Difficulté du GR20

On entend beaucoup de chose sur la difficulté du GR20, le « Trek le plus dur d’Europe« . Quand je me préparais à le faire en 2018, à ma façon, certains me disaient que c’était de la folie de le faire seul…. d’autre qu’il est facile. De même, on m’a dit qu’il fallait absolument le faire en 16 étapes, que ce n’était pas possible de raccourcir ; là ou d’autres baroudeurs me disait qu’en 5 jours c’était plié, les doigts dans le nez, en courant tellement on s’ennuie…

Alors qui croire ? A ce stade de préparation, je ne savais plus sur quel pied danser !

Alors maintenant que je l’ai fait, je vais vous dire ce que j’en pense. Et pour remettre les choses dans leur contexte, je vais vous parler de mon niveau d’expérience et de préparation physique avant de partir (ce que beaucoup de gens oublient littéralement de faire). Car nous sommes tous uniques, et nous avons tous une expérience de rando/trek différente.

En 2018, j’avais déjà fait quelques trek sur 1-2 semaines, ainsi qu’une expédition sur 6 mois : FrancIbéria, 5000 kilomètres de Gibraltar à Paris. En plus de cela, j’ai créé un programme de préparation physique spécifiquement adapté à la randonnée. 90 jours de préparation physique avec plusieurs sessions par semaine. Enfin, mon GR20 faisait partie d’une plus grande marche : enchaîner le GR5 Alpin, le Tour du Mont-Blanc puis le GR20 d’une seule traite. Donc lorsque j’ai posé le pied en Corse, j’étais déjà bien rodé 🙂

Je l’ai fait en autonomie en 7 jours, sans forcer, en m’arrêtant souvent tôt l’après-midi après avoir doublé les étapes, faute de continuer. En effet, la règlementation du bivouac est très stricte dans le Parc Naturel Régional de Corse (PNRC) : interdiction de bivouac en dehors des aires de bivouac situées autours des refuges.

Les Refuges du GR20

En parlant de refuges du GR20, ils sont équipés :

  • de dortoirs collectifs
  • d’une aire de bivouac pour y planter la tente
  • de tentes à louer à la nuitée
  • d’un restaurant (Mmmh…)
  • d’une plaque de gaz à disposition
  • d’une douche (parfois un petit peu fraîche ^^)
  • de toilettes
  • d’une centrale de réservation sur internet

De plus, pour ceux qui souhaitent encore plus de confort, il existe des services de portage de sac.

La carte de TOUS les refuges du GR20

En plus des refuges d’étape « officielle », géré par le PNRC il y a d’autres endroits ou dormir ou se ravitailler sur le tracé du GR20. Par exemple les bergeries de Radule, Vaccaghia, Alzeta, etc etc… que j’ai rajoutées à la main sur le fonds de carte précédent.

Il y a également le Castelu di Vergio, qui vient couper en deux la sixième étape. C’est un hôtel-restaurant situé au col, qui offre également une grande aire de bivouac et des sanitaires aux randonneurs.

Vizzavona est la ville du milieu du GR20. Traditionnellement, elle représente la frontière entre le GR20 Nord très montagnard, et le GR20 Sud, plus tranquille. Vous y trouverez plusieurs refuges, camping, hôtels, ravitaillement, bref tout ce qu’il faut pour faire le plein.

Enfin, les bergeries ne sont pas gérées par le PNRC, mais elles offrent à peu près les mêmes services que les refuges d’étapes. Elles sont en général plus petites que les refuges, donc attention à leur capacité d’accueil parfois limitée. Pour ne pas avoir de mauvaise surprise, je vous invite à réserver à l’avance, ou bien à ne pas compter que sur l’hébergement en dur. Autre point d’attention : elles n’offrent pas toutes d’aire de bivouac pour planter la tente, par contre… on peut y manger et se ravitailler légèrement.

GR20 Refuges et Ravitaillements
GR20 : Refuges et Ravitaillements

Que manger sur le GR20 ?

En parlant de manger, bien gérer sa nourriture pendant une randonnée engagée comme le GR20 est extrêmement important. Nous ne rentrerons pas dans le détail dans cet article, mais pour ceux que cela intéresse, je vous invite à lire l’excellent article suivant : « Que manger en Randonnée ? »

Pour faire court, une journée de marche en montagne avec des dénivelés importants et le portage d’un sac représente une dépense calorique comprises entre 2500 et 5000 kcal. Evidemment, ce montant varie en fonction des kilomètres que l’on fait. Pour comparaison, la journée moyenne d’un sédentaire citadin tertiarisé coûte moins de 1500 kcal…

Il va donc falloir gérer un apport énergétique tout du long de la journée pour tenir le coup. Au menu :

  • des VRAIS sucres lents (avec un Index Glycémique faible) aux repas. Attention nous avons beaucoup d’à priori sur les sucres lents ! On (vous savez ce que l’on dit sur « on »…) nous à appris beaucoup de c*nneries sur la nourriture, et particulièrement sur les sucres. Je détaille le fruit de mes recherches sur l’article sur la nourriture, c’est vraiment une surprise pour beaucoup…
  • de petites doses de sucres rapides échelonnées pendant la journée d’effort
  • des protéines, indispensable pour régénérer le corps et les muscles
  • enfin, des lipides, c’est à dire du gras !

En parlant de de protéines et de gras… ça tombe bien, nous sommes sur le GR20 ! Et la Corse à un certain savoir faire gastronomique. Pour beaucoup de randonneurs, la gastronomie et le terroir sont une partie intégrante du voyage, et là vous n’allez pas être déçu…

Saucisson Corse
Le Saucisson Corse… Mmmh…

Charcuterie, saucisson, fromage… Mmmh… j’en rêve encore.

Plus sérieusement, que vous comptiez sur vous-même pour emporter votre nourriture ou que mangiez sur place, je vous invite à ne pas négliger l’aspect nutrition de votre aventure Corse.

La carte des transports sur le GR20

Le GR20 consiste en gros à traverser une île : la Corse. On l’appelle d’ailleurs aussi l’île de Beauté, et c’est vrai que c’est beau ! Mais… une petite île montagneuse n’a pas les infrastructures de transport d’une métropole continentale. Pour vous rendre en Corse, il va falloir prendre l’avion ou le bateau, et une fois sur place, utilisé les navettes, le train, ou vos jambes ! ^^

GR20 Transport
Cartes des Transports du GR20

L’avion l’avion l’avion…

La Corse est pourvue de 4 aéroports : Ajaccio, Bastia, Calvi et Figari. Clairement, Calvi et Figari seront plus pratiques pour un départ pour le GR20 complet. En effet Calvi est juste à 13km de Calenzana, soit 30 minutes de navette. Et Figari est à deux bonnes heures de bus de Conca. En revanche, Ajaccio et Bastia seront plus pratique pour un départ de Vizzavona, reliée par le train.

Le Bateau

Si vous le pouvez, je vous invite vraiment à aller en Corse en bateau. C’est ce que j’ai fait à chaque fois, et c’est un régal. En y allant par bateau, on a l’impression de partir à l’aventure dès le quai du port, c’est beaucoup plus charmant 🙂

De France, on peut embarquer de Marseille, Toulon et Nice. Et La Corse a des ports à Bastia, Porto Vecchio, Bonifacio, Propriano, Ajaccio, Calvi et l’Île Rousse. Pour commencer son GR20 par le Nord, le mieux serait de débarquer à Calvi ou l’Île Rousse. Pour le Sud : Porto Vecchio !

Le train

La Corse est dotée d’une ligne de chemin de fer en « Y », reliant Bastia, Ajaccio et Calvi. Pour les amoureux du GR20, le train sera utile surtout pour rallier Vizzavona, afin de faire une moitié du GR. Soit la moitié montagnarde, soit la moitié sud plus tranquille. De plus, j’ai rencontré pas mal de randonneurs sur les sentiers qui faisaient leur GR20 en deux fois. Une semaine de Nord la première année, puis une semaine au Sud la deuxième.

Le taxi

On peut faire appel aux taxis en Corse, cependant je vous préviens que les tarifs sont prohibitifs !

Le stop…

Pourquoi pas tenter sa chance… mais il faut être patient… très patient. Les corses ne sont pas très « auto-stop » avec les touristes, et les touristes ne le sont pas. Sauf si vous avez des atouts naturels pour faire de l’auto-stop !

Petite histoire vraie : j’ai rencontré une randonneuse Québécoise sympa à I Parili. Le soir au bivouac, elle m’a expliqué avant son charmant accent, que les Corses sont des gens particulièrement gentils, puisque absolument toutes les voitures s’arrêtaient quand elle faisait du stop ! Je ne sais pas si elle était joueuse ou vraiment (très) naïve… mais pour ma part j’avais une autre explication un peu plus terre à terre entre son grand sourire, son petit shorty et sa brassière généreuse, tout cela devait aider la gent masculine à s’arrêter immédiatement dès qu’elle levait son pouce en l’air…

Moi qui suis un homme grand barbu trentenaire… mon succès à l’auto-stop était bien différent…

Et enfin, vos jambes !

Je me suis toujours demandé pourquoi le GR20 ne commence pas sur la côte, pour finir sur la côte, à la façon du Mare a Mare par exemple… Certaines mauvaises langues disent que c’est pour faire payer deux transports et nuitées supplémentaire aux prétendants du fameux GR20. Je ne sais pas.

Cependant, la tentation était trop forte pour moi, et bien qu’il n’y ait pas de chemin balisé, j’ai pris mes pieds pour rallier mon lieu de débarquement (l’ïle Rousse) à Calenzana. Cela se fait très bien, comptez une petite journée de marche environ. Pareille de l’autre côté entre Conca et Porto Vecchio, quoique ce fut moins agréable : nous sommes obligé de longer une parcelle de route pour redescendre vers la Mer.

(Avant-dernière carte) Dans quel sens faire son GR20 ?

Encore une excellente question ! Traditionnellement, on fait le GR20 du Nord au Sud, et c’est d’ailleurs comme ça que sont numérotées les étapes. Cependant il n’y a aucune obligation, mais en jetant un œil sur la Corse, on peut mieux comprendre le pourquoi du comment. Voici une autre carte du GR20, modifiée par mes soins :

GR20 Sens
Dans quel sens faire son GR20 ?

La topographie

Tout d’abord, comme nous l’avons déjà vu précédemment, la topographie du tracé du GR est déséquilibrée. Au nord de Vizzavona, nous trouvons les grosses étapes de montagne, avec de forts dénivelés, du terrain technique, et les passages les plus impressionnants. Alors qu’au sud nous randonnons dans un terrain plus vallonné et boisé, plus doux en somme.

Ce premier élément topographique n’est pas le plus déterminant, mais pose quand même une question, préférez-vous :

  • commencer par le plus facile et partir du sud ?
  • ou commencer par le plus dur, et partir du nord ?

Les deux stratégies se valent en fonction de notre corps et de notre capacité à encaisser les efforts intenses et prolongé dans la durée.

Le soleil Corse

Ah, le soleil Corse ! Il fait rêver beaucoup de touristes, de vacanciers qui aiment dorer au soleil… Pour les marcheurs, le rapport au soleil est un petit moins sympa : il fait chaud, voire trop chaud, on sue, on est déshydrater, etc etc

Alors, la question qui se cache derrière le soleil est la suivante :

  • commencer par le sud, et l’avoir statistiquement dans le dos ?
  • commencer par le nord, et l’avoir statiquement dans la face ?

A première vue, c’est mieux d’avoir le soleil dans le dos. Sauf que l’on peut jouer sur deux paramètres pour ne pas trop en souffrir.

Dans un premier temps, on peut se lever tôt. Plus le marcheur se lève tôt, moins il souffre du soleil ! Et partir à la fraîche le matin, ça veut dire se payer le luxe d’avoir frais (ou froid) même en plein été torride ! Quand on se fait cramer par un soleil de plomb toute la journée, c’est vraiment jouissif. De plus, ça veut aussi dire que l’on voit le soleil se lever à l’aube… et en Corse, ce n’est pas rien ! Imaginez-vous être sur la crête d’une montagne, et vous voyez le ciel s’illuminer de couleurs extraordinaires, quand une boule rouge incandescente jaillit de la mer méditerranée pour resplendir sur le Monde… Wahoo…

(petit blanc pour vous laisser profiter de cette vision que vous offre votre imagination…)

Et bien ce spectacle extraordinaire, c’est tout les jours en rando ! Tant qu’il fait beau. Et sincèrement je crois que le lever du soleil est le moment préféré de ma journée 🙂

Alors, évidemment, il faut se lever avant le soleil pour en jouir. De mon côté, sur un GR20 estival je me lève à 4h pour partir à 4h40, avec une mini lampe frontale (de lumière rouge, ce serait super) que je ne braque jamais sur les tentes des voisins.

La deuxième chose qui atténue la violence du soleil dans la face, c’est la Montagne elle-même. Les étapes sont souvent conçues pour que le matin nous fassions l’ascension de la face nord, à l’ombre, puis la redescente sur la face sud l’après-midi. En effet, quand ça monte : c’est dur et ça chauffe ! Une montée de 1500m de D+ en plein soleil, sans un pet d’ombre… c’est difficile. Alors que la redescente est plus tranquille, le corps se refroidit, et on encaisse mieux la chaleur du soleil 🙂

Le vent

Enfin, le facteur le plus déterminant à mon sens pour choisir son sens de GR : le vent. Avoir le vent dans la face en permanence, c’est pénible. S’il pleut, c’est pire. Et quand on est sous un orage de grêle, les grêlons qui viennent vous fouetter le visage c’est très, très pénible ! Le vent dominant étant de loin le vent d’ouest mieux vaut faire son GR20 dans le sens Nord-Sud ! De cette façon, puisque le GR20 va vers le sud-est, on l’aura plutôt de dos.

Allô ? La carte téléphone du GR20

Enfin, la dernière carte du GR20 que j’ai bricolée et que je partage avec vous aujourd’hui c’est la carte du réseau téléphonique :

GR20 Réseau Téléphone
La carte du Réseau Téléphone du GR20

Car qui dit montagne dit bien souvent pas de réseau ! Alors grâce à cette carte vous pourrez prévenir vos famille et chéri(e) restés à la maison. Pour la lire : un petit téléphone vert signifie que ça capte, comme par exemple au départ de Calenzana, à la station d’Ascu Stagnu, au col du Castelu di Vergio, etc etc…

Bien préparer son GR20

Pour aller plus loin dans la préparation de votre GR20, sachez que cet article est un extrait de la Formation GR20 que vous pouvez retrouver ici :

Dans cette formation vidéo, nous passerons plus de 4 heures ensemble afin de préparer à 100% votre GR20. On y verra notamment :

  • les cartes du GR20 (dont celles d’aujourd’hui), les infos utiles, le budget, …
  • la préparation physique adaptée pour être prêt au GR20
  • tout le matériel à prendre afin de partir léger et en sécurité
  • les connaissances de base à avoir en haute-montagne avant de partir : gérer les orages, les pierriers, les névés, etc etc…

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