Les étapes du GR10 : quelle grande question ! Aussi grande que ce fameux Chemin de la Grande Traversée des Pyrénées, de Hendaye à Banyuls ! Je me la suis posée aussi en 2017 lorsque j’ai préparer mon premier GR10. Alors aujourd’hui nous allons survoler les 900 kilomètres d’étapes du GR10, ces cartes, ces difficultés, ces joies, etcetera…

Le GR10 c’est…

Le GR10, la fameuse Grande Traversée des Pyrénées ! Elle mérite bien son nom, dans la mesure où ses mensurations sont assez spectaculaires : 900 kilomètres de montagne et 55 000 mètres de D+ (dénivelé positif), soit 6 fois l’Everest en cumulé.

Ca fait un beau morceau, et c’est pour ça que la FFRP (Fédération Française de Randonnée Pédestre) fait légèrement zigzagué sont tracé afin de traverser régulièrement des villes. Du moins des villes suffisamment grosses pour accueillir des moyens de transports. Que ce soit car, train, ou petit train jaune… De cette façon, il est plus facile de le faire par tronçon, d’année en année.

D’ailleurs, qu’on le fasse par tronçon ou d’une seule traite, il va falloir s’équiper de cartes pour le faire. Que ce soit au format papier ou numérique…

Les cartes des étapes du GR10

Alors, papier ou numérique ? Pour ceux d’entre nous qui font le GR10 par tronçons, typiquement d’une ou deux semaines par an, la question peut encore se poser. En revanche, si vous préparer le GR10 d’une seule traite, cela va être beaucoup plus compliqué ! Et pour cause, l’intégralité du parcours représente 4 topoguide ou 19 cartes IGN au 1/25000e !

Ca fait beaucoup de papier, et beaucoup de poids et encombrement dans le sac… Pour l’anecdote, j’ai rencontré une randonneuse dans le Pays Basque en 2017 qui avait pris les 4 topoguides. Je ne l’ai pas cru quand elle me l’a dit : elle les a tous sortis de son sac sous mes yeux ébahis !

Pour ceux que cela intéresse, voici les 4 topoguides de la FFRP, avec leur liens de description :

Pour ceux qui préfèrent partir léger, je vais vous présenter rapidement quelques outils numériques que vous avez à votre disposition. C’est une petite liste non exhaustive des outils que j’utilise régulièrement.

GPS de randonnée ou Smartphone ?

Je précise que je n’utilise pas de GPS de randonnée, uniquement mon smartphone. Cette stratégie est valable et sécurisant uniquement dans des conditions météos estivales, en l’équipant d’une coque à toutes épreuves.

En effet, les smartphones d’une grande marque connue (vous savez, avec une pomme dessus) commence à bugger sérieusement à partir de 4°C ressenti. A 0°C ressenti, il s’éteint purement et simplement.

Et on ne parle que de température ressentie ! C’est à dire la température réelle empirée par le vent et l’humidité.

De plus, les batteries de téléphone portable sont plutôt sensibles au froid et on tendance à se décharger très rapidement. Pour me sécuriser en montagne, je pars donc toujours avec une batterie externe ( celle-ci ). Et quand je pars sur une rando au long cours en autonomie, comme par exemple notre GR10, je prend mon panneau solaire ( celui-là ).

D’ailleurs, pour ceux qui cherchent à s’équiper avant de partir, je partage toute ma liste de matériel juste ici : Tout Mon Matériel.

IphiGéNie

L’Application IGN ! En quelques mots : toute la France à toutes les échelles (jusqu’à 1/1500e) et en vision satellitaire. Wahoo… J’en connais quelques-uns qui se demandent déjà ce qu’ils vont faire de leurs malles remplies de cartes IGN papier !

Toute cette base de donnée disponible dans votre smartphone pour seulement 15€ par an. L’appli à également une fonction GPS. pour les sceptique qui pensent que le GPS des smartphone est moins fiable que les GPS de rando : c’est vrai. Mais même à près de 3000 mètres d’altitude sur les GR10, GR20 et GR5 Alpin, dans des dénivelés très engagés (supérieur à 30-35%), je n’ai jamais eu d’erreur de plus de 10 mètres. A mon sens : c’est suffisant.

Bref, c’est la seule application payante que je tolère dans mon Smartphone, et sincèrement je vous la recommande 🙂

La Topographie Générale du GR10

Il existe une carte qui vaut de l’or pour le GR10iste (le prétendant-finisher du GR10), c’est la topographie générale que l’on retrouve sur l’excellent site gr10.fr.

Ce document unique regroupe à lui seul :

  • le profil altimétrique
  • les gites, hôtels ou refuges gardés
  • les campings
  • même les refuges et cabanes non gardés
  • les simples abris
  • bus et trains
  • les points d’eau
  • les kilomètres
  • les noms de lieux

Bref, une Bible très utile au randonneur pour préparer ses étapes sur le GR10, et une fois dessus. Elle ressemble à cela :

Topographie du GR10 Source : http://www.gr10.fr/archives/2011/04/30/22775032.html
Topographie du GR10 Source : http://www.gr10.fr/archives/2011/04/30/22775032.html

Vous pourrez la trouver sur le site au format numérique ou la commander pour soutenir l’association 🙂

« Combien de temps pour faire mon GR10 » ?

Encore une grande question que beaucoup de mes élèves me posent ! Et la réponse logique, à la Normande : « Ca dépend ».

Les étapes du Gr10, en tout, c’est 923 kilomètres et environ 55 000 m de D+. Donc la vraie question qui se cache derrière la première est :

« Combien de kilomètres et de D+ êtes-vous capable de marcher par jours en montagne, dans des terrains parfois techniques, avec du dénivelé, un sac sur le dos, et des conditions météos que vous ne maîtrisez pas toujours ? »

Cela va dépendre essentiellement :

  • de votre condition physique
  • de votre préparation physique
  • du poids de votre sac
  • de votre motivation / mental

En moyenne, les GR10istes mettent un peu moins de 50 jours pour le faire entièrement. Mais pour ne pas vous blesser, et passer un bon moment sur le GR, mieux vaut écouter votre corps, afin de ne pas dépasser ses limites.

Et pour celles et ceux qui souhaitent faire une performance sportive en le tentant en 40, 30, 20 jours ou moins, une préparation physique adaptée au trek sera obligatoire. Pour ce faire, j’ai construit le premier programme de préparation physique au trek personnalisable, disponible juste ici : Programme de Préparation Physique.

A titre indicatif, voici ce que les durées représentent en moyenne par jours :

  • 30 jours : 31km et 1833m de D+ : réservé au performeur sportif de très bon niveau
  • 40 jours : 23km et 1375m de D+ : faisable pour les randonneurs de bon niveau
  • 50 jours : 18km et 1100m de D+ : faisable pour la majorité des randonneurs
  • 60 jours : 15km et 900m de D+ : abordable pour la grande majorité des randonneurs

Maintenant que nous avons vu la « fiche technique » du GR10, voyons un peu plus en détails ses fameuses étapes…

Les Pyrénées Occidentales

Et nous allons commencer par les étapes des Pyrénées Occidentales : Pays Basque puis Béarn, Terre d’Henry IV et Jean Lassalle. D’ailleurs, nous verrons un peu plus loin dans cet article pourquoi commencer votre GR10 par l’ouest à Hendaye, pour aller vers l’est à Banyuls.

Tout commence sur le bord de l’Océan Atlantique, et c’est aussi ça qui est formidable sur le GR10 ! C’est que l’on part de la mer, on traverse une chaîne de montagne entière à la seule force de nos jambes, puis on revient au niveau de la mer…

Et pour commencer, le Pays Basque est excellent notamment car c’est le relief le plus doux de tout le GR10. Un pays verdoyant, vallonée certes, mais pas encore de la haute-montagne. C’est donc la partie la plus facile et la plus abordable. Voici quelques étapes sympas du GR10 occidental :

La Rhune

Au Kilomètres 25, juste avant d’arriver au Trois Fontaines, une petit chemin vous emmène 400m plus haut sur le sommet de la Rhune qui culmine à 900 mètres d’altitude. Ce n’est pas immense mais, c’est le sommet le plus haut du coin donc il nous offre une vue superbe 🙂

Les Falaises de Zarkambidé

Au kilomètre 57, premier passage qui peut être impressionnant : les falaises de Zarkambidé. Outre la prononciation dépaysante, le dénivelé est un peu sec. Par exemple, souffrant moi-même de vertige, ce passage au deuxième jours de mon GR10 m’a procuré des émotions !

Cependant c’est magnifique, vous aurez peut-être l’occasion comme moi d’y croiser un troupeau de chèvres, et pour les plus sensibles d’entre nous il y a une bifurcation au col des veaux (hé oui encore des animaux, ça ne va pas manquer sur le GR10 !) pour redescendre gentiment dans la vallée.

Saint-Jean-Pied-de-Port

Et pas « -de-Porc » cette fois-ci ! Pour les amis des Chemins de Saint-Jacques de Compostelle, ce nom est mythique : la porte par laquelle le pèlerin franchit les Pyrénées ! Pour le GR10iste, c’est un village charmant, bien équipé, et qui a cette énergie si particulière aux grands lieux de Saint-Jacques.

D’ailleurs pour les pèlerins, c’est aussi un carrefour intéressant. Je ne rentrerai pas dans le détail ici, mais pour ceux qui souhaite prendre les Camino del Norte, il n’est qu’à 98 kilomètre vers le nord-ouest, à Hendaye. Soit 3 à 5 jours de marche, sans grandes difficultés. Vous trouverez plus de détail dans cet article : Camino del Norte ou Camino Frances ?

Les Pyrénées Centrales

Là ça se corse. Les dénivelés s’accentuent et on monte de plus en plus en altitude, dans l’étage minéral.

Le magnifique Pic du Midi d’Ossau

Juste avant de passer la frontière, nous arrivons au col d’Ayous au kilomètres 231. Arrivé là, seulement quelques centaines de mètres nous sépare du pic d’Ayous qui nous offre une vue exceptionnelle sur le Pic de Midi d’Ossau et les lacs qui sont à ses pieds. Je vous conseille vivement de vous offrir ce détour équipé de votre appareil photo pour prendre ce genre de souvenir :

Le pic du Midi d'Ossau
Selfie au Pic du Midi d’Ossau

Le Vignemale, alt 3032m

On arrive au point le plus haut (2735m) de tout le tracé du GR10, la Hourquette d’Ossoue au kilomètres 320 ! Et arrivé au col, si vous avez une heure ou deux devant vous… vous pouvez emprunter le petit sentier cairné qui vous mènera au sommet du petit Vignemal à 3032 mètre au dessus du niveau de la mer. Avec en prime une vue imprenable

La réserve du Néouvielle

Puis, aux alentours du kilomètres 380, nous arrivons dans la réserve naturelle du Néouvielle. J’y ai vraiment été surpris par le silence. Par chance, j’y suis arrivé un jour sans vent.

Et dans cet vallée encaissée, il règne un silence incroyable. Entre les deux cols avant de redescendre vers la zone de bivouac (attention bivouac interdit dans la réserve sauf aux deux aires autorisées : lac d’aubert et lac de l’oule), à part une trace d’avion dans le ciel nous n’avons plus de traces de notre civilisation… Très impressionnant, et franchement plutôt agréable.

Les Pyrénées Ariégeoise

Ah, l’Ariège… belle étape également du GR10, où le randonneur sera plus isolé dans les montagnes et les forêts du département.

Les Plus Beaux GR de France
Le randonneur face à l’immensité du GR10 au plateau de Beille

Les Pyrénées Orientales

Enfin les P-O, belle étape de montagne avec la possibilité de s’offrir des ascensions de Pic tel que le Carlit ou le Canigou. Attention tout de même à l’eau les derniers jours de marche, les ravitaillements liquide se raréfié. Mais la mer se rapproche, on la sent de plus en plus, pour enfin y arrive à Banyuls…

Lever de soleil sur le Carlit
Coucher de Soleil au bivouac, sous le Carlit que l’on atteindra le lendemain

Pour l’anecdote, j’ai fait mon premier GR10 en autonomie en 2017. J’ai donc passé près de 50 jours en montagne, à me baigner / laver dans des lacs et torrents d’altitude ayant une eau pas toujours très chaude ^^ …

Alors le jours ou je suis arrivé à Banuyls, la première chose que j’ai faite a été de sauter dans la méditerranée ! Quelle bonheur de se confier à une eau chaude ! Ca faisait tellement longtemps… Et sur la plage, juste à côté de moi, une petite fille était en train de pleurer « Papa ! Elle est trop froide !« . Comme quoi tout est relatif…

D’ailleurs, j’ai écrit le récit de ce GR10 dans un précédent article : Mon GR10 en 2017

Dans quel sens faire son GR10 ?

Une autre grande question que les membres de mes programmes de préparation me pose est celle du sens. Traditionnellement, les étapes du GR10 ainsi que son kilométrage sont fait d’ouest en est. De l’Atlantique à la Méditerranée. Donc de Hendaye vers Banyuls.

Je me suis moi-même posé la question en préparant mon GR10, et je ne comprenais pas le sens habituel ! En effet, instinctivement je m’imaginais que la chose la plus importante à gérer lors d’un trek en montagne, c’est le soleil. En l’occurrence, qu’il valait mieux l’avoir dans le dos, et puisqu’on se lève tôt je pensais le faire d’est en ouest.

Le hasard et la préparation de mon expédition me l’a fait faire d’ouest en est, donc dans le sens traditionnellement conseillé, et finalement j’ai trouvé ça très bien. Pourquoi ?

Le sens conseillé du GR10
Le sens conseillé du GR10

Tout d’abord, comme nous l’avons déjà évoqué au chapitre du Pays Basque : la topographie. La première vraie difficulté technique non évitable sur le GR10, selon mon ressenti est le Pas d’Osque au 192eme kilomètres.

Or, dans les 192 derniers kilomètres à l’est, le tracé du GR est encore à 2490 mètres d’altitude au Coll de Coma d’Anyell, avant de passer par le massif du Canigou (dont on peut s’offrir une ascension traversante au passage), sans compter la sècheresse des dernières journées de marche.

Il est donc plus simple et beaucoup plus progressif de partir de l’ouest.

Mais ce n’est pas tout. Mon appréhension théorique du soleil de face est inexacte. Généralement, les étapes du GR10 sont conçues pour que le matin nous montions et l’après-midi nous descendions. Nous sommes donc souvent dans l’ombre le matin quand le corps chauffe dans la montée, et au soleil l’après-midi dans la redescente plus calme.

De plus, le soleil du matin est plus frais et humide que le soleil d’après-midi sec et très chaud.

Enfin, et ce n’est pas rien : le vent ! Le vent dominant sur le tracé de la traversée des Pyrénées vient de l’ouest, de l’océan, et mieux vaut l’avoir dans le dos !

Bien Préparer son GR10

Pour aller plus loin dans la préparation de votre GR10, j’ai conçu une série de vidéos que vous pourrez retrouver ici :

Dans ce programme vidéo, nous passerons plus de 4 heures ensemble afin de préparer à 100% votre GR10. Au menu, on verra notamment :

  • les cartes du GR10 (dont celles d’aujourd’hui), les infos utiles, le budget à prévoir, …
  • tout le matériel à prendre afin de partir traverser les Pyrénées léger et en sécurité
  • les connaissances de base à avoir en Montagne avant de partir : notamment gérer les orages fréquents en période estivales, les pierriers, les névés, etc etc…
  • enfin, la préparation physique adaptée pour être prêt à faire le GR10 sans se blesser

Leave a Reply