Comment faire pour prendre une douche de bivouac avec 30 centilitres d’eau et pas une goutte de plus ? Parce que l’eau est rare et précieuse, parce qu’on est écolo dans l’âme, et parce qu’on n’a pas toujours de douche, une rivière ou un lac sous la main… Et pourtant se doucher est super important pour maintenir une bonne hygiène. Alors c’est parti, on prend nos 30 centilitres d’eau, on se déshabille, et on y va 😉

30 Centilitres d’eau ? C’est pas possible !?

Douche de 30 centilitres
Une douche de 30 centilitres ?

Si, si, et on va voir ensemble comment faire de A à Z. Tout d’abord, petite précision pour nos lecteurs pas encore habitués… J’utilise cette méthode pour me doucher sur les sentiers de randonnée. J’y ai passé plus d’un an et demi dans ma vie, et je me douche tous les jours. Ca commence à faire quelque douches tout ça…

LA grande question du randonneur c’est le poids de son sac. Encore plus quand on part en autonomie, c’est-à-dire avec sa tente, son duvet, sa nourriture pour plusieurs jours et… son eau. Dans ce genre de trek, le poids de mon sac monte facilement à 12, 15, voire 20 kg. Cela dépend de la distance entre deux points de ravitaillement. Et quand on assume le poids de son confort en le portant soi-même… on a tendance à le relativiser.

Donc de l’eau : oui. Mais le moins lourd possible quand même. Heureusement en montagne, on trouve des sources pures et des torrents dont on peut filtrer l’eau. Pour ma part, j’utilise l’excellent Filtre Mini de chez Sawyer, que l’on peut commander juste ici :





Il ne pèse que 57 grammes, et a une autonomie de 400 000 litres d’eau. Autrement dit, je ne le quitte plus depuis que je l’ai découvert 🙂

L’idéal : la rivière ou le lac

Mais revenons-en à notre douche minimaliste. Après une grande journée de marche en montagne, sous le soleil, en portant un sac lourd… on a très envie d’une bonne petite douche pour nous rafraîchir, nous sentir propre, et si possible conserver une odeur agréable dans la tente pour la nuit. Bon… Là, il ne faut pas rêver quand même. Au bout d’un moment, il y aura forcément une petite odeur…

Le genre de lac magique idéal, comme ici dans les Alpes...
Le genre de lac magique idéal, comme ici dans les Alpes…

Alors l’idéal serait de trouver un lieu de bivouac sympa, avec une petite rivière ou un magnifique lac de montagne. On pourrait planter la tente dans cet endroit romantique, prendre une petite douche ou un petit bain au milieu de la nature. Cela nous apporterait de l’eau en quantité suffisante pour pouvoir s’immerger totalement dedans et se laver complètement.

Les savons Bio

D’ailleurs, petite parenthèse écolo pour bien respecter la nature en faisant cela. On trouve facilement des savons bio. Par exemple, j’utilise du Savon d’Alep. Il me sert de savon, de shampoing, de liquide vaisselle, de lessive, de dentifrice (attention la première fois ça fait drôle, après on s’y fait 😉 )…

Les résidus de ce genre de savon polluent beaucoup moins qu’un savon non-bio, ou pire, un gel douche « normal ». Mais, pour ne pas polluer l’eau, il faut quand même se rincer à plusieurs mètres de la rivière ou du lac. De cette façon, l’eau savonneuse pourra se faire filtrer par les végétaux avant de retourner à l’eau. Et c’est pareil pour les lessives et les vaisselles.

La douche de bivouac

La douche de bivouac de rêve...
La douche de bivouac de rêve…

Malheureusement, nous n’avons pas toujours de rivière / lac au bivouac du soir. Beaucoup de randonneurs se fixent comme objectif de toujours dormir dans un endroit comme cela, cependant c’est une contrainte en plus. La contrainte souvent de faire une petite journée de marche, ou au contraire beaucoup de kilomètres pour arriver à ce fameux lac.

Quand je pars marcher seul, je n’accepte qu’une seule contrainte : celle des limites de mon corps. Alors je marche tant que mon corps le peut, puis, quand je sens venir la fatigue je cherche un endroit ou bivouaquer. Attention tout de même, cette façon de faire n’est pas appropriée aux débutants en randonnée, surtout en montagne où il faut faire attention au dénivelés.

Donc on plante le campement souvent loin d’un point d’eau, et c’est là qu’intervient la douche de bivouac. Avec l’habitude, on n’utilise plus que 30 centilitres d’eau. Comment faire ? Dans un premier temps il faut prioriser. A main nu, avec cette faible quantité d’eau, on ne peut pas se laver tout le cors. Du moins, je n’y arrive pas encore.

Donc on ne va se laver que les 5 points essentiels du corps. Dans cet ordre de préférence ^^ :

  • Les mains
  • Les dents
  • Le visage
  • Le sexe
  • Les pieds

Et, on peut y ajouter les zones à risques, on y revient dans un instant.

Ces cinq points essentiels sont les plus importants et les plus sales du corps du randonneur. Ils faut donc les laver tous les jours pour conserver un bon niveau d’hygiène pendant le périple.

Effectivement les mains touchent à tout toute la journée. Une rage de dent à trois jours de marche du premier hôpital n’est vraiment pas rigolote… Le visage est à préservé également, notamment le tour des muqueuses et des entrées (bouche, nez, yeux, oreilles…). Sans une hygiène irréprochable le sexe peut vite être pollué de mycose. Enfin les pieds sont l’organes, l’outils n°1 du marcheur. Un pied sale est plus sujet aux ampoule, irritations et mycoses. Sans parler de l’odeur dans la tente le soir…

Les zones à risques

De plus, dans une randonnée sur plusieurs jours, il faut être très attentif aux blessures avant qu’elles n’arrivent. D’expérience, les irritations sont très courantes et pénibles, au vu de la douleur vive qu’elles procurent dans les endroits les plus sensibles. Une irritation c’est quand ça frotte. Typiquement, elles arrivent dans les articulations :

  • aux aines
  • au sexe
  • sous les bras
  • aux coudes
  • derrière les genoux
  • sous les seins
  • dans les zones de contact avec chaussures / sac à dos

Au début la zone irritée commence à rougir, puis elle fait mal, puis très mal. J’ai vu des trekker immobilisés plusieurs jours au cours d’un périple avant de pouvoir repartir. J’en ai vu abandonner. J’en connais même un que ça a définitivement dégoûté de la rando.

Alors pour éviter cela, il faut être vigilant et avoir une hygiène irréprochable. Il faut aussi être à l’écoute de son corps, et savoir ralentir la cadence quand il commence à surchauffer.

On parle en détails des blessures les plus courantes en rando et surtout le moyen de les éviter dans le Pack de Préparation au Trek que l’on peut retrouver juste en dessous. Concrètement, toutes les astuces de cet article et sur ce blog sont issues de cette formation vidéo complète :





Douche de bivouac : Mode d’emploi

Maintenant que l’on sait ce que l’on va laver, comment s’y prendre ? Je vais présenter ma recette, et chacun l’adaptera à sa sauce, ou pas. Pour commencer, il nous faut un récipient pratique. Pas un truc qui traine par terre et qu’on risque de renverser. Non. Alors, le camelback est particulièrement bien adapté. Il est toujours sur mon dos, et la pipette à porter de main ou… de bouche.

Là encore, on aime ou on aime pas, mais je prends mon eau à la bouche. C’est-à-dire que j’aspire dans la pipette pour me remplir la bouche. Elle y gagne instantanément quelque degrés d’ailleurs. C’est bon pour les frileux(ses) ^^. Puis je la recrache sur la zone à laver. Pour le visage, je la recrache dans mes mains jointes en forme de bol avant de la projeter.

Après avoir mouillé, le prend mon savon qui est à porter de main pour laver la peau. Puis je recrache de l’eau pour rincer. Quand tout est propre, je me sèche avec ma serviette microfibres légère, et ça y est 🙂

Grâce à cette technique et avec l’expérience, je n’utilise plus que 30 centilitres d’eau pour me laver. Puis, au cours de mes randos, je croise forcément un lac ou une rivière à un moment : l’occasion de m’immerger complètement. Pour une baignade par une torride journée d’été. Ou pour une douche complète, généralement au bivouac ou en fin d’après-midi.

Enfin, mon petit confort d’occidental moyen attendra le prochain camping pour avoir une douche chaude 😉

Le confort... moins on en a, plus on l'appréciera :)
Le confort… moins on en a, plus on l’appréciera 🙂

Et après ?

Et après être revenu de randonnée, lorsque l’on rentre à la civilisation : Quid de cette douche de bivouac à 30 centilitres ? Est-ce que l’on va encore la faire dans la forêt plutôt que d’utiliser une douche en dur ? Je ne pense pas, mais… la douche de bivouac, comme la pratique de la randonnée en autonomie, surtout au long court, on en ramène quelque chose à la maison.

On peut demander à n’importe quel pèlerin de Compostelle ou n’importe quel grand marcheur : ça change la vie.

La randonnée nous apporte un nouvel état d’esprit, une nouvelle façon de penser… presque une philosophie de vie même. Je vais prendre mon exemple pour illustrer cela. Ca fait près d’un an que je suis redevenu sédentaire après mes 15 000 kilomètres de trek. Je vis en dur, dans un appartement, et pourtant… Je ne chauffe que très peu mon appart’. C’est comme au bivouac : quand il fait froid, je met ma doudoune, je n’appuie pas sur le bouton pour augmenter le chauffage.

Pareil pour l’eau : je dois prendre des douches froides peut être 9 mois par an. Ca va plus vite, on économise de l’eau et de l’énergie, c’est écolo, respectueux de la planète, stimulant pour le système immunitaire, la testo, le courage, etc… Mais ce n’est pas pour toutes ces bonnes raisons que je me force à le faire. C’est tout simplement mon nouvel état d’esprit.

Habitant au pied des montagnes, l’eau l’hiver… quand même.. elle est froide dans les tuyaux. Alors je me douche à l’eau tiède.

C’est aussi cet état d’esprit « minimaliste » que l’on ramène de ces randonnées. Et là on ne parle que de l’eau, on ne parle même pas des réseaux sociaux, de l’alcool, des clopes, des séries ou de n’importe quelles autres addictions ! Quand on part marcher on en est un peu privé : l’occasion de comprendre, qu’en fait, on n’en a pas tant besoin que ça…

N’hésite pas à me dire en commentaire ce que tu as pensé de ma recette, et de nous dire comment TOI tu fais pour tes douches de bivouac ?

David


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