Comment préparer son sac pour partir faire son Saint Jacques de Compostelle ? Comment choisir ses chaussures, ses vêtements, son duvet ou ses bâtons ? Partir faire son chemin de Compostelle est un rêve pour beaucoup d’entre nous, nous allons nous préparer ensemble à faire de ce rêve une réalité. D’ailleurs, je t’ai préparer une LISTE DE MATÉRIEL gratuite à télécharger, pour être sûr de ne rien oublier 🙂 . Tu l’as recevras instantanément juste en cliquant sur ce bouton :

Tu y trouveras une liste détaillée de tout les équipements réellement utiles à ne pas boulier avant de partir. Et ce, quelque soit ton niveau d’hébergement/autonomie. On y parle sac, chaussures, duvet, vêtements, bâtons…

A chacun son chemin de Saint Jacques de Compostelle

Pour commencer, je tiens à préciser que chacun trouvera son bonheur dans cet article, car il n’y as pas qu’un seul chemin… mais à chacun son Saint Jacques de Compostelle ! Et c’est d’ailleurs cela qui est beau dans cette expérience. Nous sommes tous différents. Nous partons tous à Santiago pour des raisons différentes. Mais nous allons tous au même endroit, et cet endroit nous unis, nous rassemble tous. En plus, il est probable qu’il nous apportera à tous des réponses…

J’en parlait encore hier dans un atelier de Jacquaires. Jocelyne, elle, s’est offerte son Saint Jacques comme prime de départ à la retraite. Guillaume voulait savoir s’il était capable de le faire, en marchant 50km par jour. Coralie est partie avec son copain et sa fille de 3 ans en poussette (une merveilleuse aventure familiale). Quant à Josiane, elle a « juste » fait le passage qui lui tenait à coeur, entre Le Puy en Velay et Conques. Certains partent de Paris, d’autres de Vézelay, de Saint Jean Pied de Port, d’autres encore de Bruxelles ou Cologne. Parfois d’une seule traite, souvent une ou deux semaines par an… A chacun son point de départ, son point d’arrivée, son rythme, et…

A chacun son niveau de confort

Crédit photo voyageurs-du-temps

Le confort aussi peut être très différent d’un Saint Jacques de Compostelle à l’autre. Et ce sera LE point déterminant pour faire son sac adapté à son projet. Pour ceux qui appréhendent encore ce point du confort, sache que les chemins sont aujourd’hui bien équipés d’infrastructures. Il y a des hébergements tout le long des sentiers, des fameuses « Albergue » (Auberge en Espagnol) à l’hôtel 3 étoiles, en passant par le camping ou autres gîtes et refuges. Il y a donc possibilité de partir en autonomie complète, en demi-pension, souvent d’acheter un pique-nique pour le midi… Tu vois qu’on est loin du pèlerins de l’an Mil qui dort dans sa pèlerine et porte son baluchon !

Si cela t’intéresse, tu trouveras beaucoup d’infos logistiques sur l’excellent site de l’ACIR : https://www.chemins-compostelle.com/

Et maintenant, parlons du matériel à emporter avec soi sur le Chemin, et commençons par la question la plus posée :

Les Chaussures !

Chaussures de randonnée
Les Chaussures, l’équipement n°1 du pèlerin 🙂

« Basses ou Montantes ? » Première excellente question ! Et la réponse va dépendre de deux choses. Tout d’abord, par où vas-tu passer ? Le Camino Frances, le chemin le plus emprunté (66% des pèlerins l’empruntent), est bien carossable, C’est à dire que tu y trouveras de beaux chemins. Pas trop de cailloux, pas trop de dénivelés. Une belle piste facile pour tes pieds ! Donc des chaussures basses pourraient convenir. Surtout que le climat y est chaud et sec, elles vont donc mieux évaporer ta sueur. Je rappelle que la sueur est un facteur d’aggravation d’ampoules en trempant tes pieds dans ta propre sueur…

Si tu passes par le Camino del Norte, ou le Primitivo, là… beaucoup de caillasses, un peu plus de dénivelés donc attention les chevilles. Les chaussures montantes seraient adaptées dans la mesure où elles vont te protéger la cheville. Si tu mets le pied sur un gros caillou ou dans une ornière, l’articulation de ta cheville plie… et là, c’est le risque d’entorse. Sauf si tu mets des chaussures montantes qui vont englober et protéger ton articulation.

De plus, ce chemin longe l’océan Atlantique. Tu vas donc y trouver un climat de façade océanique, c’est à dire plus pluvieux, venteux, et frais. Ah ! Même chose que pour ta sueur, les pieds mouillés par la pluie choppent plus facilement des ampoules, donc une chaussure imper-respirante style Gore-Tex seraient la bienvenue.

Deuxième chose, ton niveau. De manière générale, je conseille aux « débutants » en randonnée d’utiliser des chaussures montantes sur des terrains caillouteux ou techniques. Je te le conseille aussi si tu as une petite faiblesse à une cheville, notamment des entorses récentes ; si tu portes un sac lourd ; ou si tu as un petit peu de surpoids. Ces 3 facteurs augmentent le risque d’entorse.

Vêtements

Maintenant qu’on a parlé chaussures… parlons vêtements. Pour commencer, méditons le temps d’un instant sur le viel adage « Voyager Léger« . Ah… voyager léger… Et bien, après avoir marché 15 000 kilomètres ces 3 dernières années, je t’assure que c’est la plus grande leçon de vie que j’ai apprise sur les sentiers.

Et çà marche aussi (voire surtout) pour les vêtements. Moins tu en prends, plus ton sac va être léger, plus marcher sera un bonheur ! A l’inverse, plus tu en prends, plus ton sac sera lourd, et plus la vie va devenir dure, de pire en pire avec les kilomètres qui vont s’accumuler. La Vie et le Chemin de Saint Jacques de Compostelle vont donc t’inviter à limiter les changes. Franchement ? N’en prends pas… Tu feras ta petite lessive au refuge ou dans un lavoir, et tu retrouveras ton confort bien assez tôt, une fois rentré(e) à la maison.

On ne va pas refaire toute la liste complète ici, tu l’as déjà en téléchargeant celle que je t’ai préparée :). Mais nous allons parler du système 3 couches.

  • Première couche : la respirabilité. Typiquement, un T-shirt manche courte synthétique. Il faut que ta sueur puisse s’évaporer au travers sans aucune difficulté. De cette façon, tu ne tremperas pas dedans, et sèchera vite. Je t’invite à ne pas prendre de coton, il retient la sueur, sèche lentement, et c’est le meilleur moyen de prendre un coup de froid avec le vent.
  • Deuxième couche : le chaud. Alors là, sur un Saint Jacques de Compostelle estival… il te servira le soir, parfois le matin si tu pars à la fraîche, et en cas de coup de froid (très improbable sur le Camino Frances). Une polaire ou un pull, voire une soft-shell sera parfait.
  • Troisième couche : l’imperméabilité, pour rester au sec en cas de pluie. A ne pas négliger sur le Camino del Norte ! Veste ou Poncho ferons l’affaire.

Quelle taille de sac ?

« Ce n’est pas la taille qui compte, mais la manière dont on s’en sert »… Mais la taille çà compte quand même, soyons honnête ! 😉 Et pour ton Saint Jacques de Compostelle, je te conseille de prendre un sac entre 20 litres et 50 litres. Çà fait une sacrée différence, oui.

Si tu pars en autonomie complète plus d’une semaine, avec de la nourriture pour plusieurs jours, la tente, le gros duvet… prends un sac de 50L maximum, il fera l’affaire. En effet, il y a beaucoup des point de ravitaillement style magasin le long du chemin. Tu n’auras donc pas beaucoup d’eau et de nourriture à porter. De plus, le climat estival étant plutôt sympa en Espagne ou dans le sud de la France, tu n’auras pas besoin d’un duvet trop gros… on en reparle dans le prochain paragraphe.

Si tu pars en réservant à l’avance tout tes hébergement, alors tu es sûr de dormir en dur toutes les nuits. Tu n’auras qu’à porter un duvet léger, tes vêtements, ton eau et ta nourriture. Et si tu prends un pique-nique à emporter tous les jours, alors un petit sac de 20 litres pourrait suffire.

Attention, je t’indique ces tailles de sac à titre indicatif, je t’invite à toujours essayer un sac avant de partir. Même avant de l’acheter d’ailleurs ! N’hésites pas à venir au magasin de sport avec toutes tes affaires à emporter pour vérifier que tout tienne dedans (et te présenter à l’accueil ou au vigile pour qu’il n’y ait pas de quiproquo).

Couchage

Comme nous en avons déjà parlé, il est possible de faire son Saint Jacques de Compostelle en dormant exclusivement en dur, exclusivement en tente, ou les deux.

Si tu souhaites dormir en dur, il est préférable de réserver à l’avance en haute saison, pour ne pas avoir de mauvaise surprise. Les albergues sont régulièrement pleines et refusent des pèlerins sans réservation. De plus, je t’invite à prévoir des boules quies, histoire de ne pas trop entendre les ronflements, les levés pour pisser la nuit, les gens qui partent à 5 heures du matin, ni ceux qui arrivent tard dans la nuit.

Pour ne pas avoir ces risque, de nombreux pèlerins prennent quand même une tente, même s’il n’y dorment pas toutes les nuits. De cette façon, ils ont la possibilité de dormir en dur et de rencontrer du monde ou… jouir de la nature et dormir en extérieur.

Pour ceux qui veulent partir à l’aventure en tente, c’est tout à fait faisable, cependant le bivouac est interdit en Espagne. Alors, interdit par la loi… mais les 300 000 pèlerins qui viennent annuellement à Saint Jacques de Compostelle sont chouchoutés, et la Guardia Civil se montre souvent compréhensive. Restons discret, un peu à l’écart du chemin, sans feux, respectueux et tout devrait bien se passer 🙂

Prévois un duvet de 15°C de température de confort. 10°C minimum, si tu es frileux. Le point le plus froid sera probablement la traversée des Pyrénées. Là, on peut y rencontrer une gelée blanche même en pleine été, donc prévois de ne pas coucher trop haut en altitude, ou de prendre exceptionnellement un refuge.

Les autres équipements du pèlerin

On continue avec les autres équipements utiles au pèlerin. A commencer par l’eau. ou plutôt le contenant qui te permettras d’emporter de l’eau. Plus il fait chaud et sec, plus il faut prendre d’eau. Typiquement, sur le Camino Frances, ou la Via del Plata, il y a presque tout les ans un épisode à 40°C. Sans beaucoup d’ombre… Je te laisses imaginer ce que cela représente de marcher 5, 6, 8 heures par une telle température. Une gourde ou un Camel Back de 1.5L minimum sera le bienvenue.

Ensuite, l’un des emblèmes du pèlerin depuis plus de 1000 ans c’est… le bourdon ! Le bourdon c’est le gros bâton du randonneur. A l’époque çà servait autant à marcher qu’à repousser les chiens errants, les loups ainsi que les brigands. Aujourd’hui, je ne te cache pas qu’on l’a plutôt remplacé par une paire de bâton de marche ultra-léger en alu ou fibre de carbone. Il te permettront de répercuter 25 à 30% des chocs articulaires dans tes bras… et potentiellement sauver tes genoux 😉

Un autre symbole du pèlerin cheminant vers Saint Jacques de Compostelle est le chapeau… Pareil, la mode a changée mais le soleil non ! Je t’invite à prendre un chapeau à large bord pour protéger un maximum ton visage du soleil. Oui, partir marcher à la chaleur Espagnole c’est très poétique. Mais le soleil dans la figure toute la journée pendant des semaines… Au début ce sont des coups de soleil, et s’ils sont trop fort se sont des insolations. Insolation… çà ce n’est pas vraiment drôle. Chiasse, nausée, fièvre délirante, fébrilité, jour de repos forcé… Pour y avoir goûter je ne te le conseille pas !

Hygiène, Pharmacie et Crédencial !

Le jour on pue, le soir on se lave ! Une serviette micro-fibre, un savon naturel (j’adore le savon d’Alep), une brosse à dent, un petit tube de dentifrice et un coupe-ongle seront suffisant. D’ailleurs je t’invite à bien te couper les ongles tout les 7 jours afin de ne pas avoir de mauvaises surprises au bout des chaussures…

Pour toutes tes marches, rando, trek ou pèlerinages je t’invite à avoir une petite pharmacie sur toi. Tu en trouveras tout le contenu dans la liste de matériel à télécharger. J’insiste cependant sur sa partie la plus importante et pourtant tellement négligée les amis ! Un tire-tique ! Je t’invite à faire régulièrement la chasse à ses petites bêtes. Petites bêtes qui ont d’ailleurs tendances à se cacher dans les endroits les plus intimes de notre corps… Et qui transporte des maladies terribles, comme Lyme, mais pas que.

Enfin, penses à aller chercher ta crédencial avant de partir. C’est le « passeport » du pèlerin qui t’ouvrira les portes des hébergements, très souvent à tarif « spécial pèlerins » !

« Mon » Saint Jacques de Compostelle

A chacun son Saint Jacques de Compostelle
A chacun son Saint Jacques de Compostelle

Pour ma part, j’ai fait mon premier Saint Jacques de Compostelle en 2017 avec cette liste de matériel. J’ai beaucoup hésité sur le lieu de mon départ. Notre-Dame de Paris me semblait être une ligne de départ merveilleuse. Habitant près de Vézelay… Commencer l’aventure par la Colline Éternelle (Éternelle, quand même !) était tentant. De plus, partir de chez soi est un rêve partagé par beaucoup de pèlerins. Enfin, j’avait beaucoup entendu parler du Puy en Velay, départ historique ect ect…

Donc j’ai fait les trois ! Je suis passé par Notre-Dame, Vézelay et Le Puy. En passant par différents GR, on peut tout à fait faire ce trajet sur des chemins de randonnées balisés et magnifiques. La traversée de Morvan sur le GR13 restera pour moi une passage inoubliable de verdure et de nature à « quelques » kilomètres de Paris…

Et puis, ayant un congé sabbatique de 6 mois, j’ai eu la chance de pouvoir faire quelque détours sur mon chemin. Pourquoi s’arrêter à Santiago, quand on peut continuer à Fisterra ? J’ai même opté pour continuer jusqu’au Cap Saint Vincent, à l’autre extrémité du Portugal. Et au passage des Pyrénées, je n’ai pas résisté à l’appel de la montagne. Au lieu de passer la chaîne à Ronceveaux, j’ai fait toute la traversée des Pyrénées sur le GR10. Pour partager cette expérience, j’ai même écrit une article sur ce voyage de 5 000 km dans mon blog.

C’est parti pour ton Saint Jacques de Compostelle à toi

J’espère que tu as pris autant de plaisir à partager ce moment de lecture, que j’en ai pris à l’écriture :). C’est toujours un grand bonheur pour moi de partager cette passion du voyage à pied, et j’espère que cet article et cette liste t’ont aidés dans ta préparation.

Pour aller plus loin, j’aide les pèlerins dans la préparation de leur voyage avec la formation vidéo Saint Jacques de Compostelle. Nous y passons 1h30 ensemble pour préparer dans le détail l’équipement, le choix de l’itinéraire, et la préparation du corps afin de ne pas se blesser une fois parti. Et vivre pleinement cette expérience physique et spirituelle inoubliable !

Une dernier mot à te dire ami pèlerin : Ultreïa !

David


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